Les lois de bioéthique et l’engagement des catholiques en politique


Dans une "note" sur l'engagement des catholiques en politique, le cardinal Ratzinger de la Congrégation pour la doctrine de la foi, invite les catholiques à refuser "le relativisme moral" devenu principal critère de choix politique et menace pour la démocratie. Cette note intervient en France au moment du débat sur les lois de bioéthique.

 

Une mission

 

Le cardinal Ratzinger rappelle que les catholiques ont le droit et le devoir de défendre les vérités morales sur la vie sociale, la justice, la liberté, le respect de la vie. Ils doivent résister aux projets de loi qui "veulent briser l'intangibilité de la vie". Sont notamment visées les lois autorisant l'avortement, les recherches contraires à l'intégrité de l'embryon, l'euthanasie. « Jean-Paul II a maintes fois répété que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont une obligation grave et précise de s’opposer à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, existe l’impossibilité de participer à une campagne en leur faveur, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote ». Ce qui est légal n'est pas forcément moral.

 

Un mauvais prétexte

 

Les fidèles laïcs, notamment ceux qui ont des responsabilités politiques, ne doivent pas avoir deux vies parallèles : vie spirituelle et vie séculière. L'engagement politique des catholiques ne doit souffrir "d'aucun compromis".

 

Il s'agit « d'exigences éthiques fondamentales auxquelles aucun catholique ne peut renoncer ». Or il n’est pas rare d’entendre que le pluralisme éthique serait la condition de la démocratie. « On invoque de manière trompeuse la valeur de la tolérance » et on demande à une bonne partie des citoyens – entre autres aux catholiques – de renoncer à participer à la vie sociale et politique de leur propre pays selon la conception de la personne et du bien commun qu’ils pensent humainement vraie et juste ».

 

Or ces exigences éthiques s’enracinent dans l’être humain et appartiennent à « la loi morale naturelle ». Cette « promotion en conscience du bien commun de la société politique n’a rien à voir avec le confessionalisme ». Rappelant que l'Eglise n'est pas hostile à la laïcité, le cardinal précise que celle-ci n'est légitime que si elle est comprise comme "autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse et ecclésiastique", mais non "par rapport à la sphère morale".