Les « tests CRISPR », une révolution du diagnostic ?



CRISPR, outil largement exploité pour l’édition du génome, pourrait également être utilisé dans le diagnostic d’agents pathogènes, via des tests rapides et peu coûteux. Des chercheurs du Broad Institute à Cambridge, dans le Massachusetts ont en effet développé un test à l’aide de CRISPR pour détecter la présence du virus Zika dans le sang, l’urine et la salive. Ils ont surnommé ce test « SHERLOCK ».

 

CRISPR, découvert dans une bactérie, est à l’origine un système de défense qui permet à la bactérie de reconnaitre le matériel génétique de virus et de les détruire. « Ayant compris comment fonctionne CRISPR, nous avons vu qu'il pourrait avoir des applications illimitées dans le diagnostic », a déclaré Omar Abudayyeh, membre de l’équipe. SHERLOCK fonctionne en faisant des copies du matériel génétique recherché. Il utilise ensuite CRISPR pour reconnaitre ces séquences génétiques spécifiques dans un échantillon. S’il les trouve, une autre enzyme provoque une fluorescence, signalant la présence de la cible recherchée.

 

L'équipe a également utilisé SHERLOCK pour détecter les gènes de résistance aux antibiotiques dans certaines bactéries, ou pour identifier des mutations cancéreuses. Comparé à d’autres tests diagnostiques, SHERLOCK peut détecter des molécules uniques parmi des échantillons mixtes et peut distinguer deux séquences génétiques qui ne se distinguent que par une seule lettre. Il est rapide (environ 1heure), et pourrait être d’assez bon marché pour être utilisé largement. Il reste à le tester « sur le terrain », sur de véritables échantillons humains.


Sources: 

New scientist, Sam Wong (13/04/2017)