L'euthanasie au programme de l'université d'été des eurodéputés PPE


Jeudi 30 juin, une table-ronde « Bioéthique et dignité humaine » était organisée à l’occasion de l’Université d’été de l’European Ideas Network, think-tank du Parti Populaire Européen (PPE), animée par les eurodéputés Miroslav Mikolášik et Marijana Petir. Le Docteur Beuselinck est médecin oncologue belge. Il a pris la parole pour esquisser un bilan de l’euthanasie telle qu’elle se vit en Belgique.

 

Depuis sa mise en place en 2002, le Dr Benoît Beuselinck étudie la loi autorisant l’euthanasie en Belgique. Depuis 2002, 12 000 personnes sont décédées par euthanasie, dont 1 800 en 2013. Dans 73% des cas, il s’agit de malades atteints de cancer. Le Dr Beuselinck se sent donc particulièrement concerné par le sujet. Mais il évoque également des personne atteintes de maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer ou la polypathologie à l’âge avancé (personnes souffrant d’ostéoporose, baisse de la vue, troubles de la motilité, incontinence). 50 à 60 personnes euthanasiées avaient des problèmes psychiques (dépression, autisme).

 

Fait étonnant, en 2013, « 15% des personnes euthanasiées n’étaient pas en phase terminale, n’avaient pas de maladies évolutives vers la mort et avaient encore des années de vie devant eux ». En effet, la loi ne contenant pas le mot « terminal », elle permet d’euthanasier des personnes, par exemple, pour une polypathologie à l’âge avancé.

 

A partir de son expérience de praticien, le Dr Beuselinck remarque que « plus on s’acharne sur le patient, plus il y a de demandes d’euthanasie ». Pour lui, il faut « donner une information honnête au patient. Si on cache le fait que la énième chimiothérapie ne servira à rien, et qu’on la fait, alors on aura probablement une demande d’euthanasie ».

 

Le Dr Beuselinck relève que beaucoup de patients ont peur d’être un poids pour leur entourage. Ils peuvent également avoir peur de souffrir physiquement. Mais bien souvent, la souffrance physique disparait pour laisser la place à une souffrance psychologique profonde. Les patients ne trouvent souvent plus de sens à leur vie. Les aider à découvrir que la vie peut avoir un sens, même avec la souffrance, est une occasion de grandir en attention, en amour et en humanité.

 

En Croatie, les changements sociétaux tels qu’ils sont en cours en Europe de l’ouest sont craints. Le Dr Zeljka Markic explique : « Les citoyens qui votent aujourd’hui sont nés hier sous un régime totalitaire. Face à l’Etat, la famille restait le seul lieu de transmission des valeurs. Seule la famille subsistait pour affirmer que la dignité humaine et la valeur de la vie humaine ne sont pas définies par l’Etat ». Ce médecin croate poursuit : « Ce que les Croates attendent aujourd’hui, c’est de ne pas être manipulés. Être libre de vivre avec sa propre identité et ses propres valeurs, sans qu’elles soient imposées par d’autres. »