L’insémination post-mortem ou la mort de la filiation



Marianne Durano réagit à son tour à la décision du Conseil d’Etat qui a autorisé le transfert du sperme d’un homme défunt vers l’Espagne en vue d’une insémination post-mortem (cf. Insémination post-mortem : Le Conseil d’état français accède à la demande d’une veuve espagnole, Insémination post-mortem : « Aucune justification ne saurait légitimer l’intervention médicale »). Une décision non plus « choquante » mais « logique », dès lors que « l’enfant est considéré comme le fruit d’un projet personnel, au mépris de tout impératif biologique ». Cette décision est cohérente avec la disparition de la filiation biologique : « Dès lors que le géniteur peut être anonyme, réduit aux dimensions d’une paillette de sperme, pourquoi ne pourrait-il pas également être mort ? »

 

« Fils d’un mort », « fils de deux hommes, ou fils d’une seule femme » ces différentes situations « dénient l’engendrement ». Avec la technique, on peut aujourd’hui se passer des pères. Demain, avec le développement de la GPA, il s’agira de la « mort des mères ». Sans jamais s’interroger sur « le petit d’homme à naître ».

 

Tout aussi grave, la PMA a « fait sauter deux invariants anthropologiques fondamentaux dans la structuration de l’inconscient humain : la différence des sexes et la différence des générations ». Aujourd’hui « deux femmes peuvent ‘faire famille’ avec le sperme de leurs ancêtres ». Le « techniquement réalisable » justifie « toutes les incohérences », au motif que « la filiation est un concept archaïque »


Sources: 

Le Figaro Magazine, Marianne Durano (3/06/2016)