L’Irak, « point chaud » du commerce illégal d’organes en 2018



Mohammad, 20 ans, a vendu son rein à des commerçants illégaux. « J'avais perdu tout espoir de trouver un emploi et je voulais un capital pour créer une entreprise afin d'aider ma famille », a déclaré l'homme, qui a demandé à n’être identifié que par son prénom. « On me promettait 6 000 dollars pour mon rein, mais je n’ai reçu que 1 250 dollars, dont une partie a été consacrée aux traitements postopératoires et le reste au remboursement des dettes de ma famille. Il ne me reste plus rien ». Un autre homme, Ihsan Salam, a avoué qu'il avait acheté un rein pour 15 000 dollars à des marchands d'organes. « Je suis allé à Erbil pour la greffe car il est beaucoup plus facile de le faire là-bas qu’à Bagdad et n’a pas besoin de l’autorisation spéciale des parents, juste du donneur et de sa femme », a-t-il déclaré.

 

Ils seraient ainsi « des centaines d'Irakiens » à avoir « vendu des reins et d'autres organes par l'intermédiaire de revendeurs ces dernières années ». En cause, la guerre et les difficultés économiques qui obligent des centaines de citoyens désespérés à vendre leurs organes à des trafiquants clandestins. Selon les statistiques de la Banque mondiale, environ 22,5% de la population irakienne vivait sous le seuil de pauvreté, en 2014. Les taux de pauvreté récents seraient encore plus élevés.

 

Selon un rapport de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) publié récemment, entre 2014 et 2016, les cas les plus nombreux de trafic d'organes ont été signalés au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne. Les responsables de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ont appelé les gouvernements à faire plus pour lutter contre la traite des êtres humains sous toutes ses formes. « Les trafics internes sont souvent négligés et, dans certains pays, complètement ignorés (...) ce n'est tout simplement pas sur leur radar », a déclaré Maria Grazia Giammarinaro, rapporteur spéciale des États-Unis.

 

Depuis 2016, la situation du commerce illégal d'organes en Irak semble s’être aggravée.

 

Pour aller plus loin :

Les trafics d’organes dénoncés par l’ONU

10% des greffes mondiales sont issues du commerce d’organes


Sources: 

BioEdge, Xavier Symons (25/01/19)