Loi sur la fin de vie : 62 % des Français n'en ont jamais entendu parler



Une étude de l’Ifop, rendue publique par la Fondation Adréa*, souligne la grande méconnaissance de la loi sur la fin de vie, votée en février dernier (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit "la logique euthanasique").

 

En effet, près de 62 % des Français n’ont jamais entendu parler de ce texte qui instaure un droit à une sédation profonde et continue. Christiane Hubert, présidente de la Fondation Adréa, explique : « C’est un chiffre surprenant. Cette loi en effet a fait suite à tous les débats autour du cas douloureux de Vincent Lambert qui a semblé fortement interpeller les Français. Et c’est comme si elle avait été votée sans que personne n’en sache rien ou presque ».

 

Pourtant, ce texte, proposé par les députés Jean Leonetti et Alain Claeys, a vu le jour après plus de trois ans de débats et de réflexions, nourris par une « conférence citoyenne ». Sa mesure clé est l’instauration d’une « sédation profonde et continue », pour les patients atteints d’une affection grave et incurable. Mais « 53 % des français interrogés pensent encore que cette sédation n’est toujours pas autorisée, tandis que 88 % se déclarent favorables à cette possibilité d’arrêter les soins et de soulager les souffrances par un traitement provoquant une diminution de la conscience » (cf. Le Sénat adopte sa version remaniée du texte sur la fin de vie).

 

La loi de février dernier a également rendu plus contraignantes les directives anticipées, ce document que toute personne peut rédiger en prévision de sa propre fin de vie. Selon l’étude de la Fondation Adrea, alors que « 92 % des Français jugent important de faire connaître ses volontés, 44 % seulement ont déjà entendu parler de ces directives ». Et seuls 21 % savent de quoi il s’agit (cf. Les directives anticipées : une « revendication d’autonomie » qui renvoie « le mourant à sa solitude »).

 

En outre, beaucoup de Français ne connaissent même pas la loi Leonetti de 2005. Le professeur Bernard Devalois, ancien président de la Société française de soins palliatifs (SFAP), dénonce ce manque d’informations : « Dans ce contexte, ce sont ceux qui font le plus de bruit médiatique qui arrivent à se faire entendre. Ceux qui font croire que mourir dignement, c’est avoir recours à l’injection létale délivrée par un médecin. » Une méconnaissance qui pourrait dès lors expliquer les 80 % de Français qui se disent en faveur de l’euthanasie et les 76 % pour le suicide assisté (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit "la logique euthanasique").

 

* L'étude a été réalisée auprès de 1002 Français, âgés de 18 ans et plus.

 


Sources: 

La Croix (Pierre Bienvault), 22/11/2016.

Hospimedia, 22/11/2016.