L’OMS va créer un registre international des recherches impliquant l’édition du génome



Le comité d’experts sur l’édition du génome, réuni par l’OMS à Genève ces deux derniers jours (cf. Bébés génétiquement modifiés : L’OMS lance un comité d’éthique), demande la création d’un registre international des scientifiques travaillant sur l’édition du génome, dans un but de « transparence ».  Ce registre recenserait non seulement les travaux sur la lignée germinale mais aussi les essais chez l’adulte, moins controversés. Toutefois les experts « n’ont pas encore trouvé le moyen de réprimander les scientifiques qui refuseraient de s’inscrire », sinon la pression des financeurs et éditeurs. Le comité a demandé la mise en place immédiate de ce registre par l’OMS.

 

Dans son communiqué final, ce même comité considère qu’il « serait irresponsable d’utiliser l’édition du génome à des fins de reproduction », sans toutefois réclamer d’interdiction. Margaret Ann Hamburg[1], coprésidente du comité estime qu’un « vague moratoire »[2] n’est pas « la solution». Les académies américaines et britanniques des sciences et de médecine se sont elles aussi opposées au moratoire proposé la semaine dernière par dix-sept chercheurs, estimant qu '«il est nécessaire de parvenir à un large consensus de la société avant de prendre toute décision, étant donné les implications mondiales de la modification héréditaire du génome».

 

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est dit satisfait des premières conclusions du comité, qui devrait créer, au cours des deux prochaines années, « un cadre de gouvernance global » à l’intention des autorités nationales, locales et internationales. Ses recommandations finales sont attendues dans 18 mois.

 


[1] Secrétaire des affaires étrangères de la National Academy of Sciences (NAS) des États-Unis.

[2] Faisant notamment référence à l’appel lancé par 17 chercheurs la semaine dernière : cf. Bébés génétiquement modifiés : des chercheurs réclament un moratoire temporaire.


Sources: 

Medical Press (19/03/2019); Reuters, Kate Kelland (19/03/2019); Nature, Sara Reardon (19/03/2019)