Marisol Touraine fait le bilan et prédit l’avenir


Déterminée, Marisol Touraine est intervenue ces derniers jours à plusieurs reprises.

 

La première de ses interventions date du 23 janvier, première « journée nationale de l’innovation en santé », au lendemain du « forum économique mondial de Davos ». Un « hymne inhabituel à la modernité et à nos lendemains médicalement connectés », selon Jean Yves Nau. Troisième « révolution de santé », après la médecine chimique puis la médecine robotique, c’est au tour de la « médecine digitale », liée au développement des nanotechnologies, des biotechnologies, et des sciences cognitives, d’imposer une « réorganisation de notre politique de santé, de la place de chacun de ses acteurs ».

La « médecine personnalisée » comme on l’appelle, pose toutefois des questions éthiques rapidement soulevées par la ministre : « Jusqu’où devons-nous aller dans l’anticipation de la maladie ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Question du consentement et de l’utilisation des données ; question du droit au savoir et du besoin de savoir : veut-on réellement savoir dans le détail quel sera notre devenir médical ? Certaines personnes sont-elles mieux disposées que d’autres à connaître leur génome ? Un médecin doit-il alerter son patient s’il détecte une anomalie susceptible de développer une maladie dans 15 ou 20 ans ? »

 

Ces « bouleversements vertigineux » auront un impact sur la relation médecin-patient. Un enjeu trop rapidement évoqué par Marisol Touraine (cf. La « médecine personnalisée », une escroquerie ?). Il incombera au professeur Jean-Yves Fagon, nouvellement nommé « délégué ministériel à l’innovation en santé », de définir le cadre éthique et législatif de cette « révolution ».

 

Marisol Touraine a ensuite présenté ses vœux aux personnalités (lundi) et à la presse (jeudi), toujours aussi déterminée à « poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées ».

Le compte à rebours a cependant commencé. Elle compte elle-même sur les 15 mois qui lui restent, « pour approfondir et ouvrir de nouveaux chantier, jusqu’à la dernière minute ».

 

Elle s’est félicitée d’« innover et de moderniser la société » avec « la loi sur la fin de vie, définitivement adoptée par le Parlement hier, qui consacre une avancée historique : celle de mettre le patient en fin de vie au cœur de la décision » (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit "la logique euthanasique").

 

Enfin, Marisol Touraine n’a pas manqué de réaffirmer son attachement au « combat pour les droits des femmes ». Un combat réduit à un engagement farouchement pro-IVG. Et face « à la vigueur du déchainement conservateur » sur les réseaux sociaux (cf. Marisol Touraine fait le bilan du plan IVG au Planning Familial et GPA, don d’organes, suicide… Est-ce que mon corps m’appartient ?), elle martèle en boucle que « le droit à disposer de son corps ne peut être remis en cause ».