Marisol Touraine : « Nous avons besoin de connaitre le génome de chaque individu »



Marisol Touraine a annoncé mercredi « un plan de 670 millions d’euros visant à développer ‘la médecine personnalisée’ ». Ce plan repose sur le rapport attendu d’Yves Levy[1] « France Génomique 2025 : permettre l’accès au diagnostic génétique sur tout le territoire », remis mercredi soir au Premier ministre. Le financement proviendra pour un tiers du secteur privé et pour deux tiers de l’Etat.

 

Trois objectifs sont visés : « Profiter des progrès technologiques en matière de recherche, déployer un dispositif de génomique clinique sur tout le territoire, et mettre rapidement sur pied une filière nationale de médecine génomique ». Pour cela, un réseau de 12 plates formes de séquençage sera mis en place, en lien avec les « grands CHU du territoire »[2]. D’ici cinq ans « dix fois plus de séquençages haut débit de génomes » seront réalisés en France, soit 200 000 génomes séquencés. L’analyse du patrimoine génétique des patients deviendra « courante ». Outre ces infrastructures, « le projet nécessite de former des professionnels et de réfléchir à l’enseignement des médecins ». Yves Lévy a par ailleurs proposé de saisir le CCNE.

 

« La France s’engage fortement dans la révolution de la médecine personnalisée », a commenté Marisol Touraine. Il s’agit d’une « bataille » qui bénéficiera en premier lieu aux patients atteints de cancer, de maladies rares ou de diabète. « Nous avons besoin de connaitre le génome de chaque individu », a-t-elle déclaré.

 

Le rapport explique que « ce secteur représente un enjeu économique majeur », et que ce plan permettra « des économies massives pour notre système de soins ». Il implique la création d’une « véritable filière industrielle » regroupant des industriels, la recherche académique, et les assurances et mutuelles de santé.

 

Enfin le rapport d’Yves Levy implore de « démarrer vite », pour éviter « une nouvelle forme de tourisme médical ». Les Etat Unis, le Royaume Uni et la Chine ont « déjà lancé des plans nationaux au cours des dernières années » dans ce domaine, et « même des petits pays européens comme l’Estonie, les Pays Bas ou la Slovénie ont commencé à intégrer la médecine génomique dans leur système de santé ». La France a pris « un retard tragique » constate le Professeur Stanislas Lyonnet, généticien à l’Institut Imagine, qui salue ce projet « ambitieux ». Il « plaide pour que les questions [éthiques] accompagnent le projet sans le ralentir ».

 

Note Gènéthique :

 

 

[1] Président de l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN) et de de l’Inserm.

[2] Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice, Lyon, Strasbourg.

 


Sources: 

AFP, Brigitte Castelnau (22/06/2016); Le Figaro, Pauline Fréour (22/06/2016); La Croix, Denis Sergent (23/06/2016)