Microsoft et IBM signent l’Appel de Rome pour une éthique de l'intelligence artificielle



Le 28 février 2020, au terme de l’assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie consacrée cette année au thème de l’intelligence artificielle (IA), « a été signé l'Appel de Rome pour une éthique de l'intelligence artificielle », Rome Call for AI[1] Ethics. Parmi les signataires de cet appel : le Saint-Siège représenté par le président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Vincenzo Paglia, mais également « le directeur de la FAO[2], le président de Microsoft, le vice-président d’IBM et le président du Parlement européen ».

 

Mgr Paglia précise : « L’Académie ne lance pas de partenariats industriels exclusifs, ni ne sponsorise rien, mais elle partage, sans naïveté, des éléments de parcours avec ceux qui ont le désir sérieux de mieux comprendre comment promouvoir le bien de l’humanité et faire quelques pas dans cette direction, en vérifiant ses propres pratiques et la volonté de payer même les coûts qui peuvent en résulter. » Ainsi, « l’appel émis par le Vatican propose une coopération internationale dans la conception et la planification de systèmes d’IA auxquels le monde peut faire confiance ». Ce qui « ne pourra se faire qu’en parvenant à un consensus parmi les décideurs politiques, les chercheurs, les universitaires et les organisations non gouvernementales sur les principes éthiques qui devraient être intégrés dans ces technologies ». Le pape François a prôné « unealgor-éthique″ qui doit vérifier des processus selon lesquels les rapports entre les êtres humains et les machines de notre époque s’intègrent ».

 

« Signe de l’intérêt pour le sujet, 356 chercheurs de 26 pays » s’étaient inscrits à l’atelier organisé par l’Académie, « en plus des 150 académiciens membres et correspondants de l’Académie ». Shinya Yamanaka, prix Nobel de médecine en 2012 pour ses travaux sur les cellules souches pluripotentes induites (iPS), était parmi des participants. Pour John E. Kelly III, vice-président exécutif d’IBM, « aujourd’hui, l’intelligence artificielle a atteint des capacités certes impressionnantes mais également potentiellement terrifiantes ». « C’est aussi pourquoi, malgré les capacités humaines de l’intelligence artificielle, il devrait aussi y avoir un véritable être humain qui prend la décision finale », juge-t-il.

 

Le Vatican avait contacté IBM l’an dernier, le pape François s’inquiétant « de l’impact de la technologie sur la société et les familles à travers le monde, de son potentiel à creuser un écart entre les riches et les pauvres », avec « une préoccupation particulière : l’intelligence artificielle ». Pour Mgr Paglia, « la vie humaine se trouve au point de convergence entre la contribution proprement humaine et le calcul automatique, de sorte qu’il est de plus en plus complexe de comprendre son objet, de prévoir ses effets, de définir ses responsabilités. » Il résume les enjeux : « Il faut une forte ambition morale pour humaniser la technologie et non technologiser l’humain ». Dans ce contexte, « l’appel lancé aujourd’hui par diverses entreprises technologiques à Rome est en ce sens un pas important dans cette direction, avec les trois coordonnées fondamentales avec lesquelles cheminer : l’éthique, l’éducation et le droit. »

 

 

Pour aller plus loin :

Vers une régulation européenne de l’intelligence artificielle ?

Vers une intelligence artificielle éthique ?

Intelligence artificielle et médecine : un vrai progrès ?

 


[1] Artificial Intelligence.

[2] Food and Agriculture Organization of the United Nations.


Sources: 

Vatican News, Xavier Sartre (28/02/2020) – La Croix, Nicolas Senèze (25/02/2020), John E. Kelly III (28/02/2020) – Zenit, Marina Droujinina (28/02/2020) – Famille chrétienne, Antoine Pasquier (28/02/2020)