« Nous ne voulons ni procurer la mort d’un patient, ni l’aider à se donner la mort ». A Rome, les religions monothéistes s'opposent à l'euthanasie.



« Nous ne voulons ni procurer la mort d’un patient, ni l’aider à se donner la mort ». Ce lundi 28 octobre, les trois grandes religions monothéistes abrahamiques - chrétiens, juifs et musulmans - ont signé une déclaration commune à la Villa Pia, au Vatican pour affirmer leur refus de l’euthanasie et du suicide assisté et inviter le développement d’une culture de soin pour les personnes en fin de vie (cf. Fin de vie : une déclaration signée des trois religions abrahamiques).

 

Dans son discours introductif la cérémonie de la signature de la Déclaration, Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la Vie, a rappelé que « l’horizon de la médecine n’est pas de donner ou d’enlever la vie aux patients. Mettre fin à la vie signifie nier qu’elle a un sens (…). Elle n’est pas tenue de rétablir la santé à tout prix ni de prolonger indéfiniment la vie, mais de toujours prendre soin de la personne, y compris lorsque la maladie est incurable ». Pour le prélat, en prenant soin « de la personne dans son intégralité, à partir de la thérapie de la douleur, considérant toutes ses dimensions et valorisant aussi l’horizon spirituel dans lequel s’inscrit l’existence humaine », « la pratique des soins palliatifs souligne précisément cet aspect ».

 

La recherche de sens, remise en question par la maladie, jamais terminée, « est une tâche qui revient à la culture dans son ensemble », aussi Mgr Paglia invite-t-il à « devenir levain dans les sociétés où nos communautés vivent et s’adresser à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté, dans les rôles et les tâches diverses qui sont les leurs ». Il s’est félicité que cette déclaration soit « un pas vers la construction de cette culture de la rencontre que le pape François nous a appris à apprécier et à pratiquer » et il a invité à « reconnaitre et désarmorcer les biais qui conduiraient à renoncer à cette solidarité qui, seule, permet d’affronter la souffrance et la limite que représente la mort », à « témoigner de notre responsabilité commune de prendre soin les uns des autres ».

 

Il estime qu’il faut « non seulement chercher, mais aussi produire avec créativité les occasions » de promouvoir le respect de la vie jusqu’au bout. « Et cela requiert certainement de notre part la capacité à être présents dans la sphère publique, en élaborant des discours qui puissent être compris aussi par ceux qui se réfèrent à différentes catégories d’interprétation du monde et de la vie humaine, mais qui ont également à cœur la dignité des êtres humain et la recherche de voies de justice qui les honorent dans les situations concrètes ».


Sources: 

Zenit, Hélène Ginabat (29/10/2019) - Vatican News, Giada Aquilino (29/10/2019)