Nouveaux essais à partir des cellules souches embryonnaires humaines pour traiter des patients victimes de crises cardiaques



Au laboratoire du Pr Gordon Keller au McEwen Center for Regenerative Medicine de Toronto (Canada), les chercheurs mettent au point une thérapie cellulaire « pour repeupler les tissus morts et limiter le risque d’insuffisance cardiaque » chez des patients victimes de crises cardiaques.

 

Les chercheurs utilisent des cellules souches embryonnaires humaines différenciées en cellules cardiaques. Après des essais « prometteurs »  sur le rat, le cochon d’Inde et le singe : « Les cellules transplantées dans des cicatrices d’infarctus battaient correctement et vieillissaient bien », aucune tumeur cancéreuse n’a été décelée au bout d’un an, les chercheurs se tournent désormais vers le cochon pour confirmer leurs résultats. Le fonctionnement d’un cœur de cochon étant plus proche de celui du cœur humain. 

 

A ce jour, « les premières injections chez le porc ont fait apparaître un problème: les cellules transplantées ne battent pas exactement au même rythme que les autres ». Une arythmie gênante que les chercheurs estiment surmontable. Cependant, comme l’explique le Pr Michael Laflamme qui a rejoint le laboratoire en 2015, « il faudra encore au moins une douzaine d’essais chez le porc avant de pouvoir envisager un essai clinique chez l’homme », qui ne sera pas envisageable « avant 4 à 5 ans ».

 

Par ailleurs, malgré l’assurance de financement, « Bayer et VersantVentures ont investi 225 millions de dollars dans une nouvelle entreprise », l’avenir de ces traitements reste incertain. Les patients seront à vie sous traitement immunosuppresseur. Pour pallier cet obstacle, les chercheurs de Toronto envisagent deux options : utiliser les cellules iPS (induced pluripotent stem cell), des cellules du patient, ou « manipuler génétiquement les cellules-souches embryonnaires pour les rendre ‘invisibles’ au système immunitaire ».

 

Pour aller plus loin :

Cellules souches embryonnaires humaines : la surenchère médiatique

 


Sources: 

Le Figaro Santé, Tristan Vey (11/04/2017)