PMA : la prévalence des Troubles des Conduites Alimentaires est « 5 fois plus importante que dans la population générale »



En assistance médicale à la procréation (AMP), la prévalence des Troubles des Conduites Alimentaires (TCA) est « 5 fois plus importante que dans la population générale », et « l’association infertilité et TCA avérés est 2 à 4 fois plus importante que dans la population générale ».

 

Face à ce constat, trois chercheurs[1] déplorent que ces femmes qui « obtiennent, sans entretien psychologique préalable (malgré les recommandations de la haute autorité de santé), d’avoir recours à des techniques de stimulation de l’ovulation (pompes gnrh) ou autre technique d’assistance médicale à la procréation pour lever l’obstacle biologique de leur anovulation, ne reçoivent trop souvent qu’une réponse opératoire technique ». Le risque qu’elles encourent est « de conforter la dissociation, voire le clivage existant et souhaité entre corps et psyché, sexualité et procréation, qui caractérise les troubles ».

 

La stimulation de l’ovulation est particulièrement efficace : 92% d’entre elles mènent leur grossesse à terme et « sans complications particulière ». Cependant, « plusieurs patientes évoquent la trop grande rapidité de survenue de la grossesse sous GnRH, comme si la perte de la maîtrise corporelle et la concrétisation de la réalité du bébé à naître, venaient bousculer des processus psychiques laissés en suspens ».

 

De fait, pour les chercheurs, qui s’attachent particulièrement au cas de l’anorexie, il est important que les femmes ayant ce type de comportement puissent bénéficier d’une thérapie avant de devenir mère. D’abord pour elles-mêmes car « la réalisation de ces fantasmes dans le cadre de la PMA, s’apparente alors à une véritable ‘fuite dans la guérison’ ». Ces femmes qui tentent « de faire un enfant toute seule », utilisent la grossesse comme une façon de « contourner la prise en charge de leur trouble ». Par ailleurs, soignées, elles auront moins besoin de recourir aux techniques d’aide à la procréation, du fait d’une amélioration de leur fertilité. Ensuite, pour l’enfant, qui subira les conséquences somatiques et psychiatriques de cet engendrement, pris dans la « ronde » du « destin des femmes-mères de cette famille ».



[1] M.CORCOS, Département de psychiatrie de l’adolescent et de l’adulte jeune, Institut Mutualiste Montsouris et Paris Université Paris V René-Descartes - V. CAYOL, Paris - A.VOYER, Département de psychiatrie de l’adolescent et de l’adulte jeune, Institut Mutualiste Montsouris, Paris.

 


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