"PMA pour toutes" : la grogne parlementaire



Après la prise de positions de cinq parlementaires contre la « PMA pour toutes » (cf. Les Républicains vent debout contre la "PMA sans père"), vingt sénateurs publient à leur tour une tribune indignée dans Valeurs actuelles pour s’opposer à la légalisation de cette extension car, disent-ils, « il ne s’agit plus de lutter contre une quelconque infertilité due à une pathologie, mais de satisfaire à tout prix un ‘désir d’enfant’. On prend ainsi le risque de faire perdre à la médecine son aspect curatif, d’instituer une sorte de ‘droit à l’enfant’ pour les parents, et de créer délibérément des orphelins de père ». Et ce au nom d’un « progressisme béat » qui leur semble « dangereux pour l’humanité ».

 

Ils estiment que « l’assistance médicale à la procréation continue à poser de graves problèmes éthiques, notamment en ‘produisant’ des dizaines de milliers d’embryons ‘sans projet parental’ – dont beaucoup finiront en ‘matériau de recherche’ ». Et les sénateurs interrogent : « Est-ce digne de l’être humain ? Est-ce la nouvelle conception de l’humanisme ? ».

 

Par ailleurs, « si la ‘PMA sans père’ s’impose au nom de la lutte contre les discriminations, demain la GPA s’imposera à son tour, pour les mêmes raisons, puisque les couples d’hommes ou les hommes seuls se verraient ainsi ‘discriminés’ ? ». Ils s’indignent que l’accoutumance de l’opinion public à la GPA ait d’ailleurs d’ores et déjà commencée avec la « vaste campagne de publicité qui accompagne le livre du journaliste Marc-Olivier Fogiel, faisant la promotion d’un acte pourtant délictuel en droit français, sans que Mme Belloubet s’en émeuve ».

 

Pour lutter contre « la marchandisation et l’instrumentalisation du corps humain que ne pourra manquer d’entraîner la ‘PMA sans père’ », ils pensent indispensable « de réécrire sur ce point la loi Taubira qui ne peut manquer d’entraîner la légalisation, à court terme, des mères porteuses ».

 

Enfin, ils dénoncent le coût d’une mesure qui pèsera sur le budget de la sécurité sociale « au moment même où l’on diminue les remboursements de médicaments utiles, et où on l’on augmente la CSG, à commencer par les plus modestes », considérant qu’il s’agit « d’un cynisme scandaleux, qui risque d’ailleurs d’entraîner la disparition de cette Sécurité sociale comme instrument de la solidarité nationale ».

 

Dans le même temps, Agnès Thill, député LREM, qui a ouvertement déclaré qu’elle ne soutenait pas la « PMA pour toutes » à contre-courant de son groupe parlementaire, s’est élevée contre un « café citoyen » organisé par une autre député pour « débattre de la PMA ». A cette occasion, elle a dénoncé l’existence d’« un puissant lobby LGBT à l’Assemblée nationale » avant d’ajouter que « l’assemblée nationale n’était pas la France. Ici [en circonscription], les avis sont tout autres ». Dans une lettre, Philippe Grangeon, délégué général de LaREM par intérim, et Gilles Le Gendre, président du groupe LaREM à l'Assemblée, ont recadré une nouvelle fois l’élue pour ses propos, lui signifiant que ce serait « la dernière ».