« Pourquoi [les couples fertiles] seraient-ils les seuls à accepter le risque d’une procréation naturelle ? »



Emmanuel Sapin, chirurgien pédiatrique, néonatologue et expert Gènéthique, revient sur l’engrenage amorcé avec la PMA pour les couples infertiles, qui s’accentue avec l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires prévue par le projet de loi bioéthique.

 

La PMA est une technique, qui aboutit à un « enfant produit » de cette technique. Dans ce cadre, « le risque est d’attendre, d’exiger un article sans défaut, nouveau paradigme du désir parental: au-delà même du «droit à l’enfant», le droit à un enfant correspondant à son attente. Ce risque n’est pas hypothétique, au futur, mais - même s’il n’est pas majoritaire - est déjà la réalité dans bien des cas. L’enfant n’est plus accueilli alors comme un don mais attendu comme un dû, aboutissement d’un contrat passé avec des scientifiques haut-techniciens de la procréation et qui doit être honoré ».

 

Un raisonnement déjà à l’œuvre avec les techniques de dépistage prénatal : « celui-ci peut vivre, celui-là non ». Or, si « la technique

permet de faire fi de la nature » et « propose une solution artificielle à une impossibilité intrinsèque en donnant à une personne une faculté qui dépasse sa condition », elle sera employée non seulement par les couples de femmes et les femmes célibataires mais aussi par les couples fertiles, qui feront « eux aussi la demande du choix de l’enfant tel qu’ils le veulent en recourant à la PMA » : « Pourquoi seraient-ils les seuls à accepter le risque d’une procréation naturelle, avec ses incertitudes, plutôt que d’exercer leur choix? »

 

De « sélectionner plutôt que soigner», on arrive à « fabriquer plutôt que recevoir». « Jusqu’à ce que tous deviennent conforme ».


Sources: 

Le Figaro, Emmanuel Sapin - PMA: «Le risque est que l’enfant ne soit plus accueilli comme un don mais attendu comme un dû»