Pr Philippe Menasché : « La recherche sur l’embryon nous renvoie directement à la PMA »


A l’occasion d’une interview sur RTL ce mercredi 2 octobre, le professeur Philippe Menasché, chirurgien cardiaque à l’hôpital Georges Pompidou, était interrogé sur la recherche sur l’embryon. Décryptage Gènéthique.

 

Dès le départ, le pr Philippe Menasché rappelle le lien entre la PMA et la recherche sur l’embryon. « La recherche sur l’embryon en fait, elle nous renvoie directement à ce qui est au cœur de l’actualité (…) la PMA », car les embryons détruits dans le cadre des protocoles de recherche sont des « embryons conçus dans le cadre d’une fécondation in vitro, cette fécondation va permettre la génération de plusieurs embryons dont tous ne seront pas nécessairement réimplantés dans l’utérus de la future maman ».

 

On comprend ainsi que la PMA produit un vivier d’embryons pour la recherche.

 

Le professeur distingue la recherche sur les cellules souches embryonnaires (CSEh), de la recherche sur l’embryon lui-même qui, dit-il, permet de rechercher « les mécanismes du développement embryonnaire et donc les causes d’échecs des FIV ». La recherche sur l’embryon n’aurait donc pas un objectif de soin.

 

A la question, « quelles sont les pathologies qui sont déjà soignées avec ces pratiques ? », le professeur répond « il y en a beaucoup », « le diabète », « la maladie de Parkinson ». Pourtant à ce jour, aucune thérapie cellulaire à base de CSEh n’a été validée par les autorités compétentes. Le professeur précise d’ailleurs au journaliste, « qu’il faut être honnête vis-à-vis de vos auditeurs », « ce n’est pas une révolution thérapeutique », « nous n’allons pas faire des miracles ». « Tous ce que je vous ai dit correspond à des essais en cours. » « Il faut quand même attendre des résultats et les valider. » Profitant de cette occasion, le professeur rappelle qu’il a mené un essai sur les CSEh. Son objectif était de greffer un patch de cellules cardiaques dérivées de CSEh à des patients atteints d’insuffisance cardiaque grave. En parallèle de cette greffe, les patients recevaient le traitement classique pour leur pathologie, un « bypass coronarien » (appelé aussi pontage).

 

D’après le professeur Menasché, l’une des patientes greffées, Jacqueline, « va très bien ». Néanmoins, il omet de préciser qu’un patient est mort en post–opératoire, un autre 22 mois plus tard, quant aux quatre autres, ils ont eu des suites simples. Même si leurs symptômes ont été améliorés, « il reste difficile de dire si l’amélioration provient de la greffe de cellules ou du pontage » (interview du professeur sur Europe 1 en octobre 2015).

 

Le professeur n’explique pas qu’il a finalement décidé de changer d’approche. Dès 2015, il faisait  état du fait que les cellules greffées n’agissaient pas directement, mais agissent par un « effet paracrine », c’est-à-dire par les sécrétions qu’elles produisent[1] [2] [3].

 

Après la publication des résultats, le professeur a cosigné un article le 21 mai 2018, en y rapportant les effets positifs de cellules iPS dérivées en cellules cardiaques, injectées sur les cœurs infarctés de souris. Cet article fait écho à ce qu’il avançait en juin 2017 dans un entretien accordé au journal La Croix, lorsqu’il exprimait que les microvésicules pouvaient être obtenues à partir de cellules iPS : « Il est plus facile de se procurer ce jus lorsqu’il est fabriqué à part de cellules iPS ».    

 

Alors que les cellules iPS sont une alternative aux CSEh, pourquoi dans ce cas, le professeur Menasché semble être soulagé par la suppression, prévue dans le projet de loi, de l’obligation faite aux chercheurs d’utiliser les alternatives aux CSEh ? Est-ce pour des raisons financières ?

 

Et le journaliste de s’interroger : « Vous comprenez néanmoins que ça peut inquiéter ? ». Il poursuit : « on est en train de tripatouiller à quelque chose qui touche à l’essence de l’homme et de la femme, de l’être humain ». Pour le professeur Menasché, il faut être cohérent : « Si on est hostile à cette recherche, il faut à ce moment-là être hostile à la PMA, à la limite, il faut être hostile à l’IVG».

 

Pour aller plus loin

 


[1] Menasché P., Stem cells for the treatment of heart failure,  Philosophical Transactions of the Royal Society of London, series B, biological Sciences, 19 October 2015, vol.370, n°1680, 20140373.

[2] Silvestre JS, Menasché P.,  The Evolution of the Stem Cell Theory for Heart Failure,  EBioMedicine. 5 novembre 2015, vol.2, n°12, p.1871-1879.

[3] Menasché P, Vanneaux V.,  Stem cells for the treatment of heart failure, Current Research in Translational Medicine, Spril-June 2016, vol.64 n°2, pp.97-106.

 

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