Projet de loi de bioéthique : les évêques de France prennent la parole


Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris, Monseigneur Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims étaient hier soir au Collège des Bernardins à Paris pour une conférence sur la loi de bioéthique au cours de laquelle ils ont rappelé les positions de la conférence des évêques de France.

 

Les évêques, qui ont le sentiment de ne pas avoir été entendus par le gouvernement, ont commencé par rappeler l’opposition de l’Eglise à la PMA pour toutes, une opposition qui n’est pas un jugement porté sur les personnes homosexuelles. Mgr de Moulins-Beaufort explique : « Nous ne disons pas que les enfants conçus par PMA seront malheureux mais nous disons que nos sociétés se trompent collectivement lorsqu'elles transforment la médecine chargée habituellement de guérir, en une institution qui répond aux frustrations ». Pour Mgr Aupetit, la nouvelle loi ouvre la PMA à des femmes « qui ne présentent pas de problèmes médicaux d’infertilité » et l’archevêque souligne le changement de paradigme : « La médecine soignante deviendrait une médecine prestataire de service ». Il s’inquiète des questions autour de la recherche sur l’embryon qui « implique la destruction d’un embryon humain ». Il rappelle que le délai de 14 jours invoqué comme limite pour la recherche correspond uniquement au délai actuel de maintien en vie de l’embryon in vitro[1], avant d’expliquer que la recherche sur l'embryon vient du « refus de donner un statut à l'embryon », regrettant que le Comité Consultatif National d’Ethique ait détourné la question en parlant de « personne potentielle ». « Il est temps, ajoute-t-il, que le droit se penche sur la qualification de l'embryon humain ». Avec l’ouverture aux « bébés OGM » et aux chimères que la loi se propose aussi d’autoriser, on entre dans « l'ère du Professeur Nimbus et des savants fous ».

 

Pour Marie-Dominique Trébuchet, directrice de l'Institut supérieur d'études religieuses, l'Eglise veut « éviter une éthique du curseur ». Elle souligne les enjeux de fraternité, qui concernent les plus fragiles, les plus faibles, dont l’enfant à naître, et impose un principe de justice. Si la technique augmente le périmètre de l'éthique, elle estime que « la technique oblige l'éthique », que « la loi n'est pas le dernier mot de l'éthique », soulignant « le danger d'une vision fragmentée de l'homme ».

 

Monseigneur d’Ornellas prenant à son tour la parole, reprenant les premiers mots du célèbre discours de Martin Luther King, « fait le rêve » d’une bioéthique « du respect de la dignité humaine » « qui ne soutienne pas le gigantesque marché de la procréation », par exemple. Il souhaite que la venue d’une personne ne s’apparente pas à une marchandisation. Au-delà de la seule « PMA pour toutes », il évoque les grands thèmes du projet de loi, et rappelle que « ce qui est essentiellement humain l'est depuis le début ou ne le sera jamais » et que « flirter avec le transhumanisme n'augure pas d'un monde plus fraternel ». Il souligne les contradictions qui habitent le projet de loi : « Alors que nous voulons une société inclusive, pourquoi élargir la chasse aux handicaps via le DPI qui facilite l'exclusion des enfants malades ? » ou encore « par l'ouverture de l'accès aux origines, on reconnaît la souffrance de l'enfant qui ne connaît pas son origine, et en même temps on veut fabriquer la souffrance d'enfants conçus par tiers donneurs ».

 

« Qu'en sera-t-il de la dignité de l'homme lorsqu'il sera réduit à être un fournisseur de ressources biologiques », prévient à son tour l'avocat Bertrand Lionel-Marie, estimant qu’il s’agit de « promouvoir un monde meilleur et pas le meilleur des mondes ».

 

En conclusion, Mgr Eric de Moulins-Beaufort s’inquiète d’une loi qui « prépare la voie à un eugénisme libéral ».



[1] NdlR : il ne s’appuie pas sur des données scientifiques liées au développement normal d’un être humain in utero.

 

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