Projet de loi de bioéthique : l'exécutif égaré loin de « l’intérêt général et du bien commun »



Après l’annonce de la reprise des débats sur la loi de bioéthique et alors qu’un sondage montre que seul 1% des Français considère cette loi comme étant prioritaire, Annie Gènévard, députée LR et vice-présidente de l’Assemblée nationale, dénonce : « C’est quasiment le premier texte du déconfinement, alors que d’autres sont en attente. Le gouvernement veut solder cette question au plus vite sous la pression terrible des militants et de certains députés de la majorité qui font de l’examen de cette loi un casus belli ». A son tour, Xavier Breton, députée LR , estime que « le plus grand danger est de provoquer une division et des tensions à un moment où notre pays n’a pas besoin de cela et où ce sujet n’est absolument pas prioritaire, comme le disent les sondages ».

 

Alors que Gilles Legendre, président du groupe LREM à l’Assemblée, avait, courant mai, annoncé que le texte serait examiné après l’été, le gouvernement a finalement avancé les débats qui sont programmés dès le 6 juillet prochain. En effet, « le mois de septembre sera consacré au projet de loi de finances et à celui de finances de la Sécurité sociale, puis le temps parlementaire sera interrompu par la campagne des régionales. Ensuite, la campagne présidentielle ».  Sur un sujet d’importance, loin de « l’intérêt général et du bien commun », le débat dans l’hémicycle est limité à 25 heures, soit « moitié moins qu’en première lecture ».

 

Si Jean-Louis Touraine, député LREM, considère qu’ « on ne peut plus attendre », la précipitation du gouvernement sur un sujet « hors des urgences parlementaires », fait réagir Ludovine de la Rochère, Présidente de la Manif pour tous, qui dénonce un « débat confisqué » et une « manœuvre politicienne », l’état d’urgence empêchant les manifestations et l’expression de la contestation sur ce projet de loi. Par ailleurs, « ce texte est daté !  La crise sanitaire exige qu’on prenne du recul et que le projet de loi tienne compte de l’expérience que nous vivons », explique-t-elle. Pour Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, « cette loi pose des questions éthiques fondamentales qui ne peuvent pas être traitées dans la précipitation ». Des questions épineuses qui ne seront pas sans conséquences et qui inquiètent Xavier Breton : « La logique de fabrication des enfants qui inspire le texte nous paraît très dangereuse. On ne fait pas ce que l’on veut avec son corps ». Le député met en garde : « L’homme et les idéologies sont toujours rattrapés par la réalité ».

 

Pour aller plus loin :

Projet de loi de bioéthique à l'Assemblée nationale : vers une deuxième lecture bâclée ?

Le projet de loi de bioéthique de retour à l’Assemblée nationale en juillet

Loi de bioéthique, les rapporteurs écrivent au premier ministre

Loi de bioéthique : la reprise des débats en débat


Sources: 

Le Figaro, Emmanuel Galioro (19/06/2020) - La Vie, Olivia Elkaim (19/06/2020)