Québec : vers le financement du dépistage des trisomies 21, 18 et 13



L’État québécois financera un test d’ADN pour les femmes à risques et les femmes plus âgées. Cette décision du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a pour objectif  « d’améliorer la sécurité » du programme de dépistage actuel a expliqué le médecin biochimiste François Rousseau de l’Université de Laval. Ce test sanguin capable de détecter les trisomies 13, 18 et 21 du fœtus au moyen d’une prise de sang maternelle réduira d’environ 90% les amniocentèses, examen invasif et pouvant entrainer une fausse-couche.

 

« On entre un peu dans une nouvelle ère, compte tenu de la capacité qu’on a à faire des tests génétiques. Qui sait jusqu’où peut aller ce test? », a déclaré M. Barrette, qui estime que « la précision du dépistage (…) permet aux parents de prendre les décisions [soit de garder le bébé ou de mettre un terme à la grossesse] ».

 

Le gouvernement nie ouvrir la porte à un eugénisme public (cf. Transhumanisme et eugénisme : L’humanité en question ?) et soutient que la décision a été prise sur les recommandations d’un groupe d’experts et des conclusions de l’étude pancanadienne Pegase auprès de 4000 femmes.

 

La construction de deux laboratoires publics aux centres hospitaliers universitaires Sainte-Justine et de Québec est prévue, et le calendrier ministériel envisage l’accessibilité de ces tests d’ici un an.

 

Les critères retenus par l’Etat québécois pour le financement public des tests d’ADN fœtal circulant sont :

  • Âge maternel avancé
  • Antécédents de grossesse avec fœtus atteint de trisomie
  • Malformations détectées à l’échographie
  • Clarté nucale plus grande que 3,5 mm
  • Résultats élevés de probabilité

Pour le Dr Rousseau, ce n’est pas un test diagnostic, mais un test de dépistage : « Ça ne remplace pas l’amniocentèse, mais ça permet de l’éviter quand le test est normal » (cf. Le diagnostic prénatal, "arme redoutable de la sélection invisible").

 

Un financement public est déjà en place en Ontario et en Colombie-Britannique.  En Ontario, les tests couverts par le régime public, plus de 10 000 en 2017-2018, ont doublé depuis deux ans.

 

Pour aller plus loin :

Royaume-Uni : Augmentation des avortements pour trisomie 21

Le DPNI remboursé aux Pays-Bas ou le choix de l’exclusion prénatale

Dignité, justice et paix : « Le vrai sens du mot progrès »

"Interruption Médicale de Grossesse" : vers un eugénisme assumé

Des intérêts financiers à l’origine des pressions visant à intégrer le DPNI dans le dépistage de la trisomie 21 ?


Sources: 

Radio-Canada, Mathieu Dion (22/04/2018)