Royaume-Uni : des données de santé divulguées aux entreprises du numérique



« Plusieurs sites britanniques d’information sur la santé ont transmis à des entreprises du numérique, comme Google, Amazon et Facebook, des données sensibles, tels que les pathologies ou symptômes consultés par des utilisateurs, a révélé le Financial Times, ce mercredi. ». Le quotidien britannique dénonce plus précisément que « des données comme des symptômes, des diagnostics médicaux, des noms de médicaments ou des informations sur les règles et la fertilité ont fuité, en priorité vers DoubleClick, la branche publicitaire de Google, suivi du géant du commerce Amazon, du réseau social Facebook et du groupe informatique Microsoft. » En pratique, les sites de santé incriminés « ont transmis les « cookies », des traceurs pistant l’activité des visiteurs, sans leur consentement contrairement à ce que prévoit la loi ».

 

« Ces révélations interviennent au moment où le régulateur britannique de la protection des données (ICO) tente d’assainir les pratiques de l’industrie publicitaire en ligne et lui a donné jusqu’à décembre pour renforcer ses contrôles notamment sur les données sensibles comme celles relatives à la santé », et où, aux Etats-Unis, un partenariat entre Google et l’organisme Ascension devrait permettre « de recueillir et d’analyser les données médicales de dizaines de millions de patients » (cf. Google et les données de santé : la « nouvelle forme de marchandisation du corps humain »).

 

En France, le système national des données de santé (SNDS) est « accessible depuis 2017 aux chercheurs publics ou privés menant des travaux d’intérêt public ». Rassemblant au départ « uniquement des données médico-administratives de l’Assurance-Maladie et des hôpitaux, ainsi que des statistiques sur les causes de décès en France », elle a ensuite été élargie aux informations cliniques. Emmanuel Bacry, directeur scientifique du Health Data Hub (organisme chargé de « fédérer dès l’année prochaine l’ensemble des producteurs de données de santé sur une plate-forme numérique ») s’en est réjoui : « Si une radio est remboursée par la solidarité nationale, elle se retrouvera dans le SNDS ». Le risque ? « Dévoyer le secret médical, soit parce que le système serait utilisé de façon contraire au serment d’Hippocrate, soit en raison d’une attaque informatique ». « La Cnil, chargée de la protection des données personnelles, est déjà sur ses gardes ».

 

Pour aller plus loin :

Une action de groupe lancée contre « l’exploitation insidieuse des données personnelles » par Google

Faut-il avoir peur du Big Data ?

Les applications de santé : entre menaces pour la vie privée et risques de discrimination

 


Sources: 

20 minutes avec AFP (13/11/2019)

Les Echos, Florian Dèbes (13/11/2019)