Science et politique à l'heure de la COVID-19



« Il est bien sûr indispensable dans le champ politique, de tenir compte des enseignements de la science pour adopter des mesures adaptées aux fins poursuivies. Cela étant, la décision ne peut, par définition, jamais être du ressort de la science ». A l'occasion de la « crise du coronavirus », Olivier Rey, mathématicien et philosophe chercheur au CNRS, accordait une interview au Figaro où il aborde la question du lien entre la science et le politique. « Quand les gouvernements prétendent aligner leur politique sur les prescriptions de la science, ils n’assument pas la responsabilité qui leur est propre, et dissimulent leurs choix en simples conséquences de rapports d’expertise. Ou alors, ils délèguent à des experts la décision politique : dans ce cas, le débat que le politique se refuse à trancher se retrouve inévitablement parmi les experts, que la situation fait sortir de leur rôle ».

 

A la question du relativisme de la science, Olivier Rey répond que la « première difficulté vient de ce que l’on range sous l’étiquette ‘science’ des éléments extrêmement disparates ». Plus loin il conclut : « Si certains ont tort de ‘relativiser’ la science dans son ensemble au nom des incertitudes qui caractérisent ses marges, d’autres ont tort de faire comme si ces marges étaient pleinement conquises. Il est légitime et souhaitable que les scientifiques donnent leur avis sur des questions qui ressortent à leur discipline, mais il est malsain de faire passer pour discours de la science ce qui, sur certaines questions où les certitudes font défaut, ne reste qu’un avis ».


Sources: 

Le Figaro, Eugénie Bastié (09/06/2020)