Sénat : Faut-il autoriser les examens génétiques sur personnes décédées ?


Unanime, la Commission des affaires sociales du Sénat pousse pour que les examens génétiques sur personnes décédées soient autorisés.

 

Le 30 mai dernier, la Commission des Affaires sociales du Sénat a adopté à l’unanimité la proposition de loi déposée par le Sénateur Alain Milon (cf. Vers une autorisation des analyses génétiques sur personnes décédées ?) qui doit autoriser les examens génétiques sur personnes décédées[1]. Pour les élus, une telle loi serait votée pour proposer à l’entourage du défunt « des mesures de prévention ou de soins ».

 

La commission précise que le dispositif sera « rigoureusement encadré, fondé sur le respect de deux principes cardinaux : la protection de la volonté et de la dignité de la personne décédée d’une part, et la garantie d’une prise en charge de qualité pour les familles, d’autre part ». Il ne sera pas autorisé si « de son vivant, la personne décédée a exprimé son opposition à cet examen ». Le médecin, de son côté, devra « apprécier si l’intérêt de la parentèle justifie bien le recours à l’examen ».  

 

Pourtant, une telle proposition interroge. En effet, elle suggère qu’il existe un déterminisme génétique, matière à prédire une maladie. Dans le domaine, le meilleur indice de pathologies familiales ou de risques familiaux demeure l'étude des antécédents familiaux, qui s’établit à partir des questions posées aux descendants. Une méthode aux résultats plus probants qu'une recherche de facteurs de probabilités génétiques. En cas de doute, il est possible de se soumettre à l'examen éclairé d'un généticien qui cherchera les possibles mutations du propre génome du patient et… en trouvera probablement. Qu’attendent les sénateurs d’une loi qui risque fort d’être à la fois inutile et couteuse ?

 

Un vote en séance est prévu mercredi 6 juin.