« S'il faut s'occuper du genre, ce sera du genre humain »



« L’homme ? L’humain ? L’humanité ? » « Tantôt reconduit par les antispécistes à sa condition animale, tantôt exporté par les technoprophètes dans l’univers des cyborgs, quand il n’était pas jugé l’ennemi de sa planète, Sapiens ne valait plus tripette », dénonce Jean-Pierre Denis dans un éditorial du journal La Vie. « L’humanité avait fait son temps. »

 

Pour le journaliste « les débats éthiques ne portaient pas sur les questions redevenues vitales ». « La mort ? Une vieille lune pour civilisations arriérées et religions dépassées ! Le corps ? On vous le remplacerait par du numérisé, du téléchargeable, de l’augmenté, du nanotechnologisé, de la télémédecine désincarnée. Et c’est bien logiquement que l’on revendiquait alors comme ″ultime liberté ″ le suicide assisté », dénonce-t-il.

 

Et puis l’épidémie de COVID-19 est arrivée, et « nous voici contraints d’admettre, impuissants, l’hécatombe dans nos Ehpad ». Craignant d’assister « à une dérive euthanasique silencieuse mais massive, sur fond de terribles dilemmes », Jean-Pierre Denis prévient « certaines vies sont déjà jugées plus précieuses que d’autres ». « L’accompagnement digne des mourants et des défunts n’est plus toujours priorité ou possibilité. »

 

Alors, « on découvre que, s'il faut s'occuper du genre, ce sera du genre humain ». Et qu’« il vaut davantage que la somme de toutes nos identités revendiquées ».

 

 

Pour aller plus loin :

Un appel pour que soit "respecté ce droit fondamental à être un homme jusqu’au bout de sa vie"

Le "tri des patients" en cours en Ile-de-France, des soignants appellent à des mesures pour préserver les personnes âgées

Covid-19 : les droits des personnes handicapées en conflit avec la logique utilitariste


Sources: 

La Vie, Jean-Pierre Denis (31/03/2020)