Son enfant est atteint de nanisme, elle poursuit la banque de sperme



En Russie, une femme attaque une banque de sperme en justice après avoir donné naissance à un enfant atteint de nanisme, bien qu’« elle ait choisi un donneur d’1m80 sur le site internet » de la société.

 

La femme, âgée d’une quarantaine d’années, « a choisi le père de son enfant à partir de photos de candidats de la banque de sperme danoise Cryos international ». Elle a ensuite subi une fécondation in vitro dans une clinique privée russe, après avoir payé le donneur de sperme. La pathologie de son fils, maintenant âgé de deux ans, avait été détectée à la fin de sa grossesse. Pathologie qui s’est confirmée à la naissance : son fils souffre d’achondroplasie, un trouble de la croissance osseuse responsable de nanisme.

 

La femme qui aurait sélectionné le donneur pour « ses cheveux clairs, son niveau d’instruction et sa taille de plus d’1m80, s’attendait à ce que son enfant hérite de traits similaires ». L’achondroplasie étant une maladie autosomique dominante[1], le donneur aurait dû être touché. Cependant « moins de 20% des cas d’achondroplasie sont héréditaires : la majorité est spontanée, causée par une mutation du gène avant la conception ou au début du développement de l’embryon. De telles mutations ne peuvent pas être prévues et peuvent arriver dans le matériel génétique de la mère ou du père ».

 

La femme affirme vouloir « alerter les autres clients de la banque de sperme ». Suite à sa plainte, « la Cour du district Koptevsky de Moscou a ordonné le blocage du site internet de Cryos en Russie ». La société Cryos soutient passer ses donneurs au crible pour « 46 des maladies génétiques les plus courantes » et déclare « ne pas être responsable des erreurs de la clinique dans laquelle a eu lieu la fécondation ». Néanmoins, « conscients de la plainte soumise par le Ministère de la Santé russe », « ils rassemblent et examinent les informations et faits de ce cas ».

 


[1] Maladie exprimée même si l’un des deux chromosomes n’est pas porteur de la variante génétique.


Sources: 

BioNews, Laura Riggall (04/11/2019)