Trafic d’embryons humains entre la Malaisie et l’Inde : démantèlement d’un réseau



Le 15 mars, la police indienne a intercepté un homme à l’aéroport de Bombay. Il transportait un bidon rempli d’azote qui s’est avéré contenir des embryons humains. L’homme arrêté, Partiban Durai, a reconnu travailler pour une agence malaisienne de GPA[1], Heart to Art, qui « agit en tant qu'agent pour l'envoi illégal d'embryons en Inde ». La Malaisie interdit la GPA en raison de la loi islamique. En Inde, la règlementation est encore imprécise, ce qui en fait une destination de choix pour les FIV[2] et gestation par autrui à bas coût. L’homme était chargé d’apporter les embryons malaysiens à une clinique de fertilité renommée située à Bandra, en banlieue de Bombay, l’Indo Nippon IVF. Partiban Durai a admis avoir effectué une dizaine de voyages depuis 18 mois, « arrivant le matin avec un colis à livrer et repartant par un vol du soir ».

 

La directrice de la clinique, le Dr Goral Gandhi, une embryologiste renommée, a aussi été arrêtée. Elle nie les faits, malgré les SMS retrouvés dans le téléphone de Partiban Durai indiquant l’adresse de livraison, et malgré la fouille policière de sa clinique le 16 mars, qui a permis de « récupérer des documents incriminants liés à la contrebande d'embryons ». Plusieurs correspondances ont été identifiées entre sa clinique et divers organismes en Malaisie, incluant des « demandes spécifiques concernant le type de donneurs de gamètes souhaités ».

 

Par ailleurs, de 2000 à 2017, le Dr Goral Gandhi a été directrice du laboratoire et vice-présidente du Centre de production humaine Rotunda, une entreprise impliquée dans plusieurs controverses actuellement pendantes devant les tribunaux, notamment pour des incitations aux dons d’ovocytes de mineures[3].

 

La Haute Cour de Bombay a ordonné lundi à la Direction des services de renseignements fiscaux de ne prendre aucune mesure coercitive à l'encontre du Dr Goral Gandhi, mais l’ambassade de Malaisie a demandé de poursuivre l’enquête sur le Malisien transporteur. Selon les responsables de la DRI[4], c’est la première fois que l'agence enquête sur un cas présumé de contrebande d'embryons humains.

 

En Inde, l’importation d’embryons est interdite, sauf à des fins de recherches, et après obtention d’une autorisation du Conseil indien de la recherche médicale.

 

NDLR : Le 20 août 2019, la Haute Cour de Bombay a maintenu la condamnation de Partheban Durai, pour avoir introduit clandestinement les embryons humains en Inde. Au cours de l’enquête, son portable « a été saisi et ses messages ont révélé qu'il devait livrer les embryons humains à l'hôpital ».


[1] Gestation Pour Autrui

[2] Fécondation In-Vitro

[4] Directorate of Revenue Intelligence, l’entité indienne chargée de surveiller la contrebande

 


Sources: 

The India Express, Khushboo Narayan, Tabassum Barnagarwala, Mohamed Thaver (19/03/02019)