Transplantation d’utérus robotisée : naissance en Suède



Le premier bébé né après une greffe d’utérus robotisée a vu le jour lundi 8 avril en Suède (cf. Transplantations d’utérus robotisées : une première grossesse en Suède). Il est né à 36 semaines, d’une césarienne programmée, mesure 48 cm et pèse 2,9 kg. La femme a été greffée en octobre 2017, avec l’utérus de sa propre mère, dans le cadre du « Robot Project ». La donneuse a été opérée avec une technique moins invasive que la chirurgie ouverte traditionnelle : des robots, dirigés à distance par les joysticks des chirurgiens, ont prélevé l’utérus via cinq incisions d’1 cm seulement. Cette chirurgie, dite de « trou de la serrure », permet une récupération post-opératoire plus rapide pour la donneuse. L’utérus a ensuite été greffé via une chirurgie ouverte classique. Un embryon conçu par FIV avant la greffe a été transplanté dix mois plus tard.

 

« Il s'agit d'une étape extrêmement importante pour le développement de la chirurgie impliquée dans la transplantation utérine et sa sécurité. Pour la première fois, nous montrons que la technique chirurgicale moins invasive assistée par robot est praticable » explique Mats Brännström, professeur d'obstétrique et de gynécologie à la Sahlgrenska Academy, le pionnier de ces recherches sur les greffes d’utérus. « Dans le futur, nous pourrons également transplanter l'utérus chez le receveur en utilisant une technique de trou de serrure assistée par robot » a ajouté Niclas Kvarnström, le chirurgien qui a effectué les connections des vaisseaux lors de la greffe.

 

C’est le neuvième bébé suédois né après une greffe d’utérus, mais le premier après une transplantation robotisée. Cinq autres femmes ayant bénéficié de ce nouveau type de greffe en 2017 et 2018 sont également en attente de grossesse. La Sahlgrenska Academy a également pour projet de réaliser une greffe d’utérus issue d’une donneuse décédée.

 

Pour aller plus loin :

Greffes d’utérus en France : dès 2019

Greffe d’utérus à partir d’une donneuse décédée : une première naissance au Brésil

La greffe d’utérus pose les mêmes problèmes éthiques que la GPA

Greffe d'utérus : "le bénéfice potentiel pour la société de recherches impliquant cette procédure est relativement faible"


Sources: 

Medical Press,