Trisomie 21 : un génocide ?



Alors que Geber par exemple vient de sélectionner Lucas, un an, porteur de trisomie 21 comme égérie de sa marque, dans le Washington Post, le journaliste William Will s’interroge sur l’élimination de personnes porteuses de trisomie 21 en Islande : « Avant de féliciter cette nation d’avoir mis fin au problème de la trisomie 21, peut-être pourrait-elle répondre à une question : quel est ce problème? »

 

Sans de faire le procès de l’Islande, il interroge : «Qu’est-ce qu’un génocide ? C'est simplement la tentative délibérée et systématique d'effacer une catégorie de personnes. Donc, ce que l'on pense d'un génocide dépend de ce que l'on pense de la catégorie concernée ».

 

En Islande, cette catégorie correspond aux personnes atteintes de trisomie 21. Là-bas, plus de 85% des femmes enceintes optent pour le dépistage prénatal, ce qui a entraîné un taux d'élimination de la trisomie avoisinant les 100%. Environ 750 bébés porteurs de trisomie 21 devraient naitre chaque année, mais 90% des femmes qui apprennent que leur enfant est trisomique avortent.  

 

En France, en 2016, un tribunal a jugé qu'il serait «inapproprié» que la télévision française diffuse une vidéo de deux minutes et demies, «Dear Future Maman», pour la Journée mondiale de la Trisomie 21, déclarant que ce film «était susceptible de troubler la conscience des femmes ayant avorté de bébés atteints de trisomie 21 ».

 

Les photos de Lucas sont probablement « inappropriées ». Ce qui en dit long des « confusions morales actuelles quand une complaisance immorale est perturbée, et c’est là que se trouve le véritable ‘problème de la trisomie 21’ ».


Sources: 

Washington Post, Georges F. Will (14/3/2018)