Un inhibiteur pour rendre plus sûre l’utilisation de CRISPR ?



Empêcher les effets hors cible et accélérer les applications cliniques de CRISPR-Cas9, tel est l’objectif des chercheurs de l’UCSF (Californie). Ils ont déclaré, dans un article de la revue Cell publié le 29 décembre,  avoir découvert des inhibiteurs puissants du système CRISPR Cas9, qui pourraient protéger des effets « hors-cibles » et des utilisations mal intentionnées de cette technique d’édition du génome.

 

« Tout comme la technologie CRISPR a été développée à partir des systèmes naturels de défense antivirale dans les bactéries, nous pouvons également profiter des protéines anti-CRISPR que les virus ont développés pour contourner ces défenses bactériennes » explique Benjamin Rauch, PhD, qui a mené les recherches. Alors que CRISPR-Cas9 sert de système immunitaire aux bactéries, il est parfois contourné par des virus qu'il doit éliminer, et l’objectif était de découvrir le mécanisme.

 

Après une enquête poussée, les chercheurs ont trouvé quatre protéines anti-CRISPR distinctes qui pourraient bloquer l'activité de l’enzyme dans les bactéries Listeria monocytogenès. « Plus de la moitié des souches de cette bactérie avec Cas9 contiennent au moins un inhibiteur, suggérant une inactivation généralisée de CRISPR-Cas9. Deux de ces inhibiteurs ont également bloqué le Streptococcus pyogenes Cas9, largement utilisé, lorsqu'il est testé dans Escherichia coli et dans des cellules humaines ». Les deux inhibiteurs capables de bloquer Streptococcus pyogenes Cas9 ou SpyCas9 sont appelés AcrIIA2 et AcrIIA4. (SpyCas9 est la variante Cas9 qui est maintenant utilisée par la plupart des laboratoires dans le monde).

 

En créant un désactivateur de CRISPR, les chercheurs espèrent rendre la technique plus sûre et plus précise. «L'étape suivante consiste à montrer dans les cellules humaines que l'utilisation de ces inhibiteurs peut effectivement améliorer la précision de l'édition des gènes en réduisant les effets hors cible». Nous voulons aussi comprendre exactement comment les protéines inhibitrices bloquent les capacités de ciblage de gènes de Cas9.

 

Cette découverte pourrait en outre permettre de traiter des maladies multigéniques complexes, stimulant ou bloquant temporairement l’activité génétique de façon synchronisée. Et elle pourrait enfin représenter une sauvegarde précieuse bloquant les manipulations en dehors des laboratoires.


Sources: 

GEN (29/12/2016)