Un tourisme de l’euthanasie en Belgique ? En France, le Conseil de l’ordre des médecins se saisit de la question



Un avis mitigé du Comité consultatif de bioéthique de Belgique à propos d’un médecin français qui se déplacerait pour euthanasier ses patients dans une maison de repos belge (cf. Des médecins français euthanasient leurs patients en Belgique : avis mitigé du comité de bioéthique belge), interroge le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom). Le docteur Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Cnom, explique qu’« il y a plusieurs aspects » à prendre en compte : « Le médecin exerce-t-il habituellement en Belgique ? Quels patients cela concerne-t-il ? On va en discuter avant de soutenir une opinion déontologique ».

 

La question est essentiellement éthique. En effet, d’un point de vue juridique « rien n’empêcherait (...) un médecin français de traverser la frontière avec un patient pour l’y euthanasier ». Car depuis 2005, « une directive européenne permet en effet aux médecins de l’Union européenne d’exercer dans un autre pays de l’UE ». Aujourd’hui, le service public fédéral en charge de la santé publique délivre cette autorisation.

 

Paul Cosyns, coprésident du comité d’éthique, professeur émérite de psychiatrie de l’université d’Anvers, estime qu’il « n’est pas du tout dans l’esprit de la loi de permettre ce genre de pratique. Cela s’assimilerait à une forme de tourisme d’euthanasie ». En 2016 et 2017, 23 patients seraient venus en Belgique de l’étranger pour y être euthanasiés.

 

Si la Belgique n’est pas la Suisse, Jean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine estime qu’« elle pourrait bientôt, sous d’autres masques démocratiques et déontologiques, y faire songer ».

 

Le Dr Patrick Bouet, président du Cnom, a indiqué que l’Ordre ferait part de sa position sur le sujet « début 2019 ».