Une étude chinoise relie pollution et risque de fausses couches



Une nouvelle étude chinoise publiée dans Nature Sustainability confirme que « l’exposition à des polluants atmosphériques[1] augmente le risque de fausses couches dites ‘silencieuses’ »[2] durant le premier trimestre de grossesse. Des situations multifactorielles qui sont « loin d’être isolées puisqu’elles concernent jusqu’à 15% des grossesses, en particulier dans les pays développés ».

 

S’il était déjà établi que la pollution de l’air pouvait entrainer des complications de grossesse, des enfants morts-nés et des anomalies congénitales, ces nouveaux travaux se sont appuyés sur les données de 255 000 femmes enceintes à Pékin entre 2009 et 2017, dont 17 497 (6.8%) ont fait une fausse couche « silencieuse ». Leur niveau d’exposition à la pollution atmosphérique a été évalué à l’aide des stations d’analyse de l’air situées près de leur domicile et lieu de travail. Les chercheurs ont en outre montré que le risque de fausse couche silencieuse « s'aggrave avec le niveau de concentration des polluants ». Toutefois l’étude n’établit pas de lien quantitatif entre pollution et fausses couches, ce lien nécessitant des expérimentations sur des embryons, et ne donne que des hypothèses concernant les mécanismes en cause : « les microparticules (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) seraient capables de franchir la barrière placentaire et ainsi de causer des dommages irréversibles à des périodes critiques du développement fœtal. Autre explication avancée : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, ces substances issues de diverses sources (fabrication de pneus, industrie du bitume et du goudron, pétrochimie, chauffage au bois ou au charbon, voitures, tabagisme...) sont capables de se lier à l’ADN et de le modifier ».

 

Les auteurs estiment que leur étude « apporte une raison supplémentaire au pays pour agir afin de réduire la pollution de l'air ambiant et d'augmenter ainsi le taux de natalité ». D’ailleurs, « depuis que le gouvernement chinois a pris des mesures pour réduire la pollution atmosphérique en 2014, la fréquence des fausses couches a diminué ».

 


[1] Quatre polluants ont été mesurés : les particules fines, le dioxyde de souffre, le monoxyde de carbone et l’ozone.

[2] « Ces fausses couches sont dites "silencieuses" car elles passent dans un premier temps inaperçues, la femme ne ressentant aucun symptôme au moment de la mort du foetus. Celle-ci n'est généralement constatée que plusieurs semaines après, souvent durant une échographie. »


Sources: 

AFP (15/10/2019); Le Figaro santé, Grossesse: la pollution de l’air suspectée d’augmenter le risque de fausse-couche, Cécile Thibert (14/10/2019)