Une étude documente la transmission épigénétique paternelle par le sperme



Une étude du laboratoire de Susan Strome à l’université de Santa Cruz démontre l’importance des informations épigénétiques véhiculées par les spermatozoïdes, et tente d’expliquer la transmission de ces informations à la descendance. Publiée dans Nature communications, ces conclusions ont été obtenues à l’aide de recherches sur un ver rond, Caernorhabditis elegans.

 

Il était déjà connu que les expériences d’un père telles que son régime alimentaire ou son stress peuvent influencer la santé et le développement de ses descendants, via l’épigénétique[1]. Mais le moyen de transmission restait mystérieux. L’équipe de Susan Strome a montré que les marques sur les chromosomes affectant l’expression des gènes, appelées « marques épigénétiques » sont transmises des parents aux enfants, c’est l’ « héritage épigénétique transgénérationnel ». Les chercheurs ont en outre établit que ces informations épigénétiques sont nécessaires et suffisantes pour le développement des gamètes de la descendance.

 

Ainsi chez le ver C elegans, le sperme conserve l’intégralité des marques épigénétiques et le transmet donc à la descendance. S’intéressant à une marque particulière, les chercheurs ont constaté que le retrait de cette marque rendait la progéniture stérile. A l’inverse, un descendant qui n’a hérité que des chromosomes du sperme s’est révélé fertile : ces marques sont donc suffisantes pour le développement d’une lignée germinale normale.



[1] "Les changements épigénétiques ne modifient pas les séquences d'ADN des gènes, mais impliquent plutôt des modifications chimiques de l'ADN lui-même ou des protéines histones avec lesquelles l'ADN est encapsulé dans les chromosomes. Ces modifications influencent l'expression des gènes, activant ou désactivant les gènes dans différentes cellules et à différents stades de développement".

 

Tomoko M. Tabuchi et al, Caenorhabditis elegans sperm carry a histone-based epigenetic memory of both spermatogenesis and oogenesis, Nature Communications (2018)

 


Sources: 

Phys.org (17/10/2018)