Une nouvelle technique pour améliorer la greffe de sang de cordon



Des chercheurs britanniques de l'UCL[1] « ont développé une nouvelle méthode pour rendre les cellules souches du sang présentes dans le cordon ombilical "plus transplantables" », une découverte effectuée chez la souris « qui pourrait améliorer le traitement d'un large éventail de maladies du sang, chez les enfants et les adultes ». Les résultats ont été publiés dans la revue Cell Stem Cell[2].

 

« Les cellules souches du sang, également connues sous le nom de cellules souches hématopoïétiques (CSH), génèrent tous les types de cellules du sang (globules rouges, globules blancs et plaquettes) et sont responsables du maintien de la production sanguine tout au long de la vie. » Dans le traitement de « certains cancers et maladies du sang héréditaires », il peut être nécessaire « de remplacer la moelle osseuse par une greffe de cellules souches allogéniques ». La technique consiste à « utiliser des cellules souches provenant d'un donneur sain ». Le cordon ombilical constitue une « source de cellules souches sanguines », et « les greffes de sang de cordon entraînent moins de complications immunitaires à long terme que les greffes de moelle osseuse ». Mais « bien que les greffes de cordon ombilical soient utilisées chez les jeunes enfants depuis 30 ans », la plupart des unités de sang de cordon contiennent trop peu de CSH pour être utilisées pour les enfants plus âgés ou les adultes. Et « 30 % des unités » contiennent trop peu de CSH, « même pour les thérapies des plus jeunes enfants ».

 

Cette nouvelle méthode consiste à utiliser une protéine appelée NOV/CCN3, « qui se trouve normalement à de faibles taux dans le sang », pour augmenter « rapidement » le nombre de CSH du sang de cordon ombilical pouvant être transplantées. Le Dr Rajeev Gupta, professeur agrégé de clinique à l'Institut du cancer de l'UCL et premier auteur de l'étude indique qu’« essayer d'augmenter le nombre de cellules souches hématopoïétiques réellement présentes dans le sang de cordon ombilical est à la fois coûteux et difficile ». Mais « on sait que toutes les CSH présentes dans une unité de sang de cordon ne peuvent pas ou ne seront pas transplantés », ce qui indique que « les unités de sang de cordon ont un potentiel de transplantation inexploité ». L’objectif de cette nouvelle approche est d’« augmenter la fonctionnalité - plutôt que le nombre - des CSH, et ainsi améliorer la capacité des unités de sang de cordon ombilical à la transplantation ». L’étude effectuée chez la souris a montré qu’après une exposition des unités de sang de cordon ombilical aux NOV « de seulement huit heures », la fréquence des CSH fonctionnelles dans l'échantillon a été « multipliée par six ». La prochaine étape visera à « transposer nos recherches dans un cadre clinique afin d'explorer les avantages que cela peut apporter aux patients atteints de cancers du sang et d'autres maladies du sang », indique le Dr Gupta.

 

Pour le professeur Alejandro Madrigal, directeur scientifique de l'Institut Anthony Nolan, « cette recherche est extrêmement encourageante », elle « pourrait permettre de mettre à disposition pour la transplantation beaucoup plus d'unités de sang de cordon ». Et faire « une énorme différence pour de nombreux patients ».

 

 

Pour aller plus loin :

Une thérapie cellulaire prometteuse à base de cellules de sang de cordon pour traiter des cancers

Près de 700.000 poches de sang ombilical conservées par une société polonaise

12 personnes hospitalisées après avoir reçu des injections de cellules souches issues de sang de cordon

 


[1] University College London

[2] Rajeev Gupta et al, Nov/CCN3 Enhances Cord Blood Engraftment by Rapidly Recruiting Latent Human Stem Cell Activity, Cell Stem Cell (2020). DOI: 10.1016/j.stem.2020.02.012


Sources: 

Medical Press, University College London (26/03/2020)