Une veuve soulagée de ne pas avoir pu réaliser de PMA post-mortem



Lors de son premier mariage en 2007, une britannique épouse un homme qui n’avait plus que quelques mois à vivre. Pendant leurs fiançailles, le couple décide de congeler le sperme du fiancé, sachant que la chimiothérapie risquait d'affecter sa fertilité. Après le décès de son conjoint, la jeune veuve va sur Internet pour savoir si elle peut utiliser le sperme de son défunt mari, mais au Royaume-Uni, l'utilisation posthume du sperme n'est autorisée que si l'homme a donné un consentement écrit avant sa mort, ce qui n’était pas le cas.

 

Quelques années plus tard, la jeune femme se remarie. Faisant mémoire de son premier mariage, elle confie qu’elle « ne regrette absolument pas que [leur] relation n'ait pas donné naissance à un bébé ». Elle s’interroge : « Un assouplissement des lois (…) m'aurait-il ouvert des perspectives ou m'aurait-il seulement rendu plus vulnérable ? ». Elle se rappelle l’ambivalence des sentiments qui l’ont habitée : « J'étais si jeune (…), je savais que je devais regarder en avant et, éventuellement, construire une vie avec quelqu'un d'autre. Pourtant, je me suis demandé si le fait d'avoir une petite ‘copie’ de mon premier amour pourrait soulager ma solitude ». Elle ajoute qu’à certains moments, elle « aurait fait n'importe quoi pour [se] sentir entière, et le fait d'avoir un bébé lui est apparu comme un pansement tentant ».

 

Désormais elle s’inquiète de l’évolution des lois en matière de PMA post-mortem : « Combien de jeunes veuves seront trompées en pensant que la procréation avec un partenaire décédé est une solution au chagrin d'amour ? Et qui osera leur dire qu'elles pourraient le regretter ? ». Elle met en garde : « Lorsque vous êtes veuve, il y a un temps au cours duquel vous pouvez agir de manière égoïste, imprudente et illogique. Vous êtes en deuil, et personne ne veut vous contrarier en vous alertant sur de mauvaises décisions ». 

 

Pour aller plus loin :

Irlande : vers un projet de loi sur la PMA autorisant l'insémination post mortem ?

Affaire de la PMA post mortem : le Conseil d’Etat face aux incohérences du statut de l’embryon

La procréation et la mort : procréation post mortem et homicide involontaire du foetus


Sources: 

Daily Mail, Amy Molloy (23.02.2020)