Usine commerciale de clonage d’animaux : une annonce chinoise « survendue » ?



Le groupe chinois Boyalife a annoncé la semaine dernière la construction du « plus grand centre de clonage commercial d’animaux au monde» (cf. Gènéthique du 24 novembre 2015). Une annonce qui a fait grand bruit mais qui laisse « sceptique » le Professeur Denis Duboule[1], pour plusieurs raisons :

 

L’entreprise est portée et « survendue » par le chinois Xu Xiaochun, déjà connu pour avoir « faussement prétendu en 2004 avoir créé des cellules souches dérivées d’un embryon humain cloné ».

 

Boyalife promet de fournir une viande de qualité, tout en « abattant moins et en produisant plus ». Cependant le professeur Duboule explique que « la qualité de la viande n’est pas déterminée par la génétique. (…) Si les vaches sont entassées dans des productions à haut débit, la viande ne sera pas bonne ».

 

En outre « produire des milliers d’exemplaires d’une vache demande des manipulations délicates qui ne sont pas sans risques ». L’Autorité européenne de sécurité des aliments, dans avis de 2008, s’inquiétait « quant à la santé de ces animaux ». Le Parlement européen a pour sa part adopté un texte « interdisant le clonage d’animaux à des fins d’élevage et d’alimentation ».

 

Enfin, pour le Professeur Duboule, il est difficile d’« imaginer l’utilisation du clonage pour une production de nourriture. Les gains s’annoncent extrêmement faibles », alors que les sommes investies sont conséquentes.

 

[1] Professeur en biologie et génomique de l’évolution à l’Université de Genève.

 


Sources: 

Le Temps (2/12/2015)