Vers des capteurs chimiques miniatures pour surveiller le fonctionnement du cerveau ?



Une équipe de chercheurs Inserm et CNRS est parvenue à « développer des capteurs chimiques de nouvelle génération pour surveiller le métabolisme du cerveau », notamment lors d’ « accidents vasculaires cérébraux, de traumas ou de crises épileptiques ». « L’analyse du liquide interstitiel du cerveau peut révéler des informations chimiques importantes sur l’état du cerveau », précise le service de presse de l’Inserm.

 

Les travaux ont été publiés dans la revue ACS Central Science, font état de plusieurs avancées. La taille miniature des capteurs, dont le diamètre est « inférieur à 15 microns (contre 50 à 250 microns actuellement) » est une « première innovation ». « Leur taille est inférieure à la distance moyenne entre 2 capillaires du cerveau, donc ces derniers ne sont pas endommagés par le dispositif » explique Stéphane Marinesco, chercheur Inserm en charge de l’étude.

 

Les capteurs sont recouverts de platine, puis « par une couche très fine d’enzyme », « ce qui les rend compétentes pour y accrocher des enzymes et détecter un nombre potentiellement illimité de molécules ».

 

Stéphane Marinesco précise que : « Ce dispositif peu envahissant représente une avancée majeure dans notre capacité d’analyser le liquide interstitiel cérébral ». « A plus long terme, le monitoring du cerveau humain pourrait fournir de précieuses informations aux médecins pour mieux comprendre comment un patient atteint de lésions cérébrales récupère après un traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral », ajoute-t-il, avant de conclure que « ce dispositif pourrait également les aider à prendre les meilleures décisions thérapeutiques en fonction de l’évolution du patient ».

 

A ce jour, « l’Inserm ne dit pas si de tels capteurs invisibles ont d’ores et déjà été implantées au sein des liquides interstitiels des cerveaux humains », a constaté Jean-Yves Nau.