Vers un cœur artificiel à partir de cellules souches et de biotechnologies ?



Des scientifiques prévoient de fabriquer « un cœur hybride à partir de cellules souches et de biotechnologies », d’ici une dizaine d’années. « Une solution qui pourrait mettre fin au besoin de donneurs ».

 

Ce « cyber-cœur » fait partie des finalistes du Big Beat Challenge pour un financement de 30 millions de livres sterling (soit plus de 35 millions d’euros), accordé par la British Heart Foundation (BHF).

 

Le professeur Jolanda Kluin, du Centre médical de l’Université d’Amsterdam (UMC)[1] et directrice de la recherche, dit avoir été inspirée par « un robot étoile de mer dont les membres souples pouvaient se dilater et se contracter comme le muscle cardiaque ». Ainsi, « les muscles cardiaques artificiels imitent précisément le cœur humain, le cœur hybride bat comme un vrai cœur. Et il est entouré des propres cellules du patient, ce qui empêche la coagulation, les infections et les réactions de rejet ». Le cœur artificiel est alimenté par un dispositif sans fil, pour la scientifique, « le patient expérimente alors une réelle liberté ».

 

Trois autres projets sont en lice pour le financement. Le premier étudie l’édition des gènes pour les patients souffrant d’une pathologie cardiaque héréditaire. Pour le professeur Hugh Watkins de l’Université d’Oxford et le Dr Christine Seidman de la Harvard Medical School, « résoudre ces problèmes génétiques pourraient aider 176 000 personnes en Grande-Bretagne ». L’origine génétique de nombreuses pathologies cardiaques a été découverte par le Pr Watkins et son équipe il y a plus de 20 ans, sans débouché thérapeutique jusqu’alors. Les autres projets portent sur la création d’un « vaccin pour les crises cardiaques, et le développement d’un dispositif portable pour surveiller l’état du cœur en temps réel ».

 

Actuellement « 7 millions de britanniques vivent avec une pathologie cardiaque ou circulatoire, 152 000 meurent chaque année ». En 2018 - 2019, on a dénombré 178 transplantations cardiaques en Grande-Bretagne. « 286 sont restés sur la liste d’attente et 20 patients meurent chaque année dans l’attente d’une greffe ». Le BHF annoncera le vainqueur dans l’année. Son directeur, le Pr Sir Nilesh Samani, espère une avancée comparable à « l’homme qui a marché sur la Lune ».

 

 

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[1] Amsterdam University Medical Centre.

 


Sources: 

The Telegraph, Sarah Knapton (23/01/2020)