Vers un poumon artificiel ?



Le nombre de personnes en attente de greffe pulmonaire est important et ne cesse d’augmenter : 400 à 500 en France d’après l’Agence de Biomédecine (ABM), 1455 sur la liste United Network for Organ Sharing (UNOS) aux Etats-Unis. Les donneurs de poumon sont peu nombreux et la réussite de la greffe n’est pas systématique. Par ailleurs, les patients en attente de nouveaux poumons étant déjà malades et fragilisés, la prise d’immunosuppresseurs est souvent pénible et mal supportée.

 

Des chercheurs de l’University of Texas Medical Center à Galveston ont mis au point une méthode pour fabriquer un poumon de cochon artificiel en utilisant les propres cellules de l’animal.

 

Les scientifiques ont utilisé des cellules pulmonaires d’un porc « donneur » pour fabriquer la forme de base d'un nouveau poumon, puis ils l’ont nettoyée par un processus appelé décellularisation, les lavant de manière à ne laisser que les protéines de ce « squelette ».

 

L’objectif était de retirer toute trace de l’animal donneur en ne gardant que les protéines pulmonaires de celui-ci, afin d’éviter un rejet ultérieur de la greffe. Les chercheurs ont ensuite placé ce « squelette » dans un réservoir et l’ont baigné dans un « cocktail » de cellules et de nutriments du porc « receveur ».   

 

Cette expérience a été faite sur quatre porcs. Au bout de trente jours de surveillance, les poumons transgéniques ont été implantés chez les animaux receveurs. Les chercheurs ont constaté que les organes se sont complètement remplis d'oxygène et ont continué à développer leurs propres vaisseaux sanguins, un progrès clé. En effet, lors des précédentes tentatives de transplantation de poumons transgéniques, les échecs étaient principalement dus à une insuffisance de vascularisation.

 

Ils ont remarqué que chacun des poumons a continué à croître après la greffe et est resté entièrement fonctionnel pendant deux mois. « Nous n'avons observé aucun signe d'œdème pulmonaire, ce qui est généralement le signe que la vascularisation n'est pas assez développée », ont déclaré les auteurs de l’étude, le Docteur Cortiella et le Docteur Joan.

 

Les poumons transgéniques ont pu se remplir d’oxygène, mais la méthode doit être testée dans beaucoup plus que quatre porcs, avec une surveillance dans la durée, afin de vérifier que ces poumons sont réellement efficaces et bien tolérés.

 

« Le nombre de personnes qui ont développé des lésions pulmonaires sévères a augmenté dans le monde entier, tandis que le nombre d'organes transplantables disponibles a diminué », explique Joaquin Cortiella, « Notre but ultime est de fournir de nouvelles options pour les nombreuses personnes qui attendent une greffe ».

 

 

Pour aller plus loin :

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Sources: