Vidéo "Chère future maman" : la décision du CSA suscite une forte incompréhension et une mobilisation inédite



Le 25 juillet dernier, le CSA rendait un avis dans lequel il déclarait que la vidéo "Chère future maman" "ne peut pas être regardé[e] comme un message d'intérêt général", sa finalité pouvant "paraître ambiguë et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle." (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 30/07/2014). Une décision qui a choqué de nombreux parents qui ont souhaité réagir.

 

Ainsi, Véronique, maman d'un bébé trisomique aujourd'hui âgé de 2 mois : "J'ai pris la décision du CSA comme un énorme coup de poing dans le ventre. [...] C'était la première fois que j'avais le sentiment que le handicap de ma fille posait un problème à certains et j'ai trouvé cela d'une violence inouïe". Pour cette maman, "voir tous ces enfants, adolescents, adultes me dire ce que ma fille serait capable de faire, c'était incroyable et très émouvant, tout comme voir toutes ces mamans si complices avec leur enfant trisomique. J'avais l'impression que la vidéo avait été faite pour moi". Véronique termine en lançant comme un appel : ma fille, précise-t-elle, "aura sa vie, peut-être un peu différente mais peut-être pas si différente. Et puis, c'est ma fille et je l'aime, je vous demande de la respecter".  

 

Un père de famille a écrit, dans une lettre ouverte adressée au président du CSA : "Certains auraient été choqués à la vue de ces images". Ainsi, lance ce père de famille, "notre société si matérialiste qui ne pense qu'au profit, au gain, à l'argent, est-elle devenue à ce point inhumaine que les personnes différentes n'ont même plus le droit d'y apparaître" ? Pour ce père de famille, "le sens des [...] propos [du CSA] peut conduire certains à penser qu'ils sont de trop dans notre monde". "Monsieur le président, poursuit-il, quelle que soit votre autorité, autorisez un père de famille à vous dire que vos propos l'ont heurté, blessé, choqué". Ces derniers "montrent une méconnaissance totale, qui est malheureusement partagée par une grande partie de notre société, sur tout ce que les personnes atteintes de Trisomie sont capables de faire, de comprendre, d’apprendre et surtout de donner." La mission du CSA est notamment de "veiller à ce que les chaîne et les médias ne soient pas discriminants dans leur rapport au monde". Pour ce père de famille, la décision du CSA "n'est que l'introduction d'une nouvelle discrimination entre ceux qui auront le droit d'apparaître et ceux qu'il ne faut pas montrer". Et de terminer en précisant : "Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous exprimer un seul rêve, une seule ambition, celle de croire que votre lettre est partie trop vite, peut-être suscitée par une émotion trop forte ou une méconnaissance véritable, mais que vous reconnaissez qu’elle est une erreur."

 

Enfin, sur le site Atlantico.fr, Bertrand Vergely, philosophe et théologien s'interroge: "le rôle du CSA est de surveiller l'audiovisuel afin que celui-ci ne dérape pas.". Mais "en quoi une telle vidéo dérape-t-elle?" s'interroge ce philosophe. "Face à Hitler qui décidait de liquider les handicapés, à l’époque, parmi les démocrates, personne ne se plaignait que l’on prenne le parti des handicapés contre Hitler. Aujourd’hui, des parents prennent la défense des handicapés et on en fait des pestiférés !  Il y a quelque chose qui ne va pas" précise-t-il. Pour lui "cette interdiction ne reflète pas tant un état de notre société qu’une stratégie de la part du pouvoir en place qui entend marquer son passage idéologiquement à défaut de pouvoir le faire économiquement et socialement."


Sources: 

Aleteia 31/07/2014 - Famille Chrétienne 31/07/2014 - Atlantico.fr 01/08/2014 - Liberation.fr (Aude Deraedt) 31/07/2014