Exosquelettes : « les bénéfices médicaux restent à prouver »

Publié le 11 Jan, 2022

D’abord développés aux Etats-Unis dans les années 50, avec pour but de « décupler la force des astronautes », les exosquelettes sont ensuite envisagés pour « assister les personnes tétraplégiques à la marche ». Plusieurs entreprises se lancent et développent des dispositifs à destination de patients ayant fait un AVC, atteints de maladies neurodégénératives comme Parkinson, ou paraplégiques. Toutefois, aujourd’hui encore, les « bénéfices médicaux [de l’exosquelette] restent à prouver » prévient Nathanaël Jarrassé, chargé de recherches CNRS à l’Institut des systèmes intelligents et robotiques (Isir). « Des normes de sécurité existent, mais il n’y a aucun standard, chacun fait ce qu’il veut » constate-t-il.

En 2005, c’est la société israélienne Argo Medical Technologies qui franchit la première étape, avec son dispositif Rewalk. Il nécessite toutefois l’emploi de béquilles par les patients.

En 2019, la société française Wandercraft se lance avec Atalante, un « robot bipède, autostabilisé et sans béquilles ». Pour Nathanaël Jarrassé, « il s’agit du seul exosquelette capable de reproduire aussi fidèlement la marche dynamique tout en laissant libres les membres supérieurs du patient ». Avec 12 moteurs et autant d’articulations robotisées, Atalante s’actionne par télécommande ou par la voix. Il est utilisé « principalement dans des établissements de santé et des centres de rééducation en France, en Belgique, au Luxembourg et aux États-Unis ».

Depuis le mois d’octobre, l’hôpital Henry-Gabrielle, près de Lyon, teste pour sa part « le japonais HAL, qui fonctionne grâce à un système d’électrodes reconnaissant l’action du patient ».

De nombreux autres dispositifs existent : par exemple « la ceinture bionique de l’entreprise française Japet, commercialisée depuis 2019, [qui] accompagne les mouvements tout en soutenant la colonne vertébrale grâce à quatre moteurs ». Elle est utilisée « principalement dans l’industrie, la logistique, les services à la personne et le BTP, mais une étude est en cours chez des patients souffrant de sciatique ».

Pour Nathanaël Jarrassé, « des dizaines d’années seront nécessaires avant que les exosquelettes reproduisent parfaitement les mouvements humains ».

Source : Le Figaro, Emma Confrere (10/01/2022)

 

 

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