Abattu après un accrochage, son avatar témoigne lors du procès
En novembre 2021, dans la ville de Chandler, en Arizona, Chris Pelkey a été abattu par Gabriel Horcasitas au cours d’une altercation après un accrochage au volant. Lors du procès qui s’est tenu le 8 mai 2025, la famille savait qu’elle voulait faire une déclaration [1]. Mais, ne parvenant pas à trouver les « mots justes », ils ont « fait parler » la victime elle-même, au moyen d’un avatar généré par une intelligence artificielle.
C’est la première fois qu’un tribunal américain a autorisé une telle pratique.
Un juge « profondément ému »
L’avatar a été créé par Stacey Wales, la sœur de Chris Pelkey, et son mari Tim, à partir d’échantillons de la voix de la victime provenant de vidéos enregistrées avant sa mort et de photos que possédait sa famille, notamment une photo utilisée lors de ses funérailles. C’est sa sœur qui a écrit les mots prononcés par l’avatar, ce qu’il aurait dit d’après elle. Des mots qui ont évoqué le pardon.
Après sa diffusion au tribunal, le juge Todd Lang, « profondément ému » par cette vidéo, a prononcé la peine maximale pour homicide involontaire.
Des questions morales
Cette pratique soulève différentes questions morales d’importances diverses. La première concerne le consentement du défunt à une telle pratique et l’impact sur sa réputation.
Au-delà, ces « représentations » peuvent constituer un « outil puissant » pour influencer le public à des fins politiques ou juridiques. Et même si les projets servis par ces avatars étaient cohérents avec les opinions du défunt, le problème de la manipulation [2] demeure.
[1] La « déclaration de la victime »
[2] l’utilisation du pouvoir psychologique des « deepfakes » pour faire appel aux émotions
Sources : The Conversation, Nir Eisikovits et Daniel J. Feldman (17/06/2025) ; The Conversation, James D Metzger et Tyrone Kirchengast (18/06/2025) – Photo : iStock