Accoucher dans le secret : l’Académie de médecine pour l’anonymat

Publié le 10 Mar, 2011

L’Académie de médecine a sévèrement critiqué la première proposition de la mission parlementaire sur l’accouchement dans le secret, conduite par Brigitte Barèges, qui suggère la levée de l’anonymat des femmes (Cf. Synthèse de presse du 16/02/11).  Le 8 mars 2011, l’Académie de médecine a adopté à l’unanimité un communiqué de Roger Henrion, ancien président de l’Académie, s’opposant à toute suppression de l’anonymat.

Celle-ci aurait selon lui de nombreuses conséquences néfastes, à commencer par celle de compromettre "la confiance des femmes en grande difficulté, leur faisant fuir les maternités et les services sociaux avec les risques que cela comporte pour les mères, les nourrissons et les enfants". Roger Henrion évoque la multiplication des accouchements clandestins avec leurs possibles séquelles psychomotrices sur les enfants, les abandons de nourrissons, les infanticides, les conséquences d’une grossesse non désirée pour l’enfant, et sur la législation relative au placement des enfants nés sous X. Il cite également le respect du choix des femmes et souligne le risque de voir diminuer les demandes d’adoption en France : la fin de l’anonymat pourrait engendrer une "réticence de plus en plus marquée des familles désirant adopter et favoriser l’adoption internationale".

L’Académie de médecine approuve toutefois la sauvegarde du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP) et les mesures visant à améliorer l’accompagnement des mères avant et après la naissance ainsi que le contenu des dossiers destinés aux enfants.

Dans son rapport, Brigitte Barèges propose la création d’un comité de pilotage parlementaire chargé d’examiner les diverses propositions présentées dans celui-ci. Roselyne Bachelot, qui avait déclaré en février dernier que le droit des femmes à accoucher sous X doit être protégé, a salué les travaux effectués par la commission parlementaire sur l’accouchement sous X et a demandé à Brigitte Barèges de poursuivre ses réflexions.

Hospimedia.fr 09/03/11

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