Accusés d’avoir engendré « des centaines d’enfants », deux Québécois interdits de dons de sperme
Au Québec, deux hommes accusés d’avoir engendré « des centaines d’enfants », se sont vu interdire de faire des dons de sperme dans la province pendant la durée de la procédure judiciaire à leur encontre. Le juge Simon Chamberland a en effet accordé le 18 mars une injonction à l’encontre de Philippe Normand et de son fils, Dominik Seelos. Elle a été demandée par une femme dont les 4 enfants ont été conçus avec les gamètes de ces donneurs (cf. PMA avec donneur : des dizaines de demi-frères et sœurs biologiques, parfois des centaines).
La requérante affirme qu’« au moment où les accords menant aux dons ont été conclus », les défendeurs ont fait de fausses déclarations concernant le nombre d’enfants précédemment conçus. Philippe Normand se serait en outre engagé à limiter ses dons à un maximum de 10 familles, « sauf pour compléter des familles déjà constituées », et son fils à un maximum de 25 enfants, de même « sauf pour compléter des familles déjà constituées ». Des promesses « déterminantes » dans la décision de la femme d’utiliser leurs gamètes, indique le jugement.
Des centaines d’enfants et des grossesses en cours
Les enfants ont été conçus entre 2009 et 2012. Plus de 10 ans plus tard la requérante a appris que Philippe Normand était le père biologique de Dominik Seelos, ce que, selon elle, les défendeurs lui avaient sciemment caché. Soupçonnant également qu’ils lui avaient menti quant au nombre d’enfants issus de leurs dons de sperme, elle s’est mise en quête de trouver d’autres femmes concernées. Le 6 novembre 2024, elle avait dénombré 162 enfants ou grossesses en cours issus des dons de sperme de Philippe Normand et 451 enfants ou grossesses en cours issus des gamètes de Dominik Seelos.
Deux jours plus tard elle déposait une requête pour leur interdire de procéder à de nouveaux dons. Les défendeurs ont contesté la requête, affirmant que, « bien qu’ils reconnaissent que le nombre d’enfants dont ils sont les pères dépasse largement les limites contractuelles alléguées, ils nient avoir pris de telles obligations envers elle ». Ils ont également admis qu’ils n’avaient pas l’intention de cesser leurs dons.
Un donneur qui « réfléchit à ses options »
« Pour l’instant, j’arrête au Québec, mais à terme, que vais-je faire ?, s’interroge Philippe Normand. Je réfléchis à mes options. »
« Cette décision n’est qu’un soulagement temporaire, a déclaré Jessica Lelièvre, l’avocate de la femme ; nous allons tout de même devoir passer par un procès sur le fond de cette affaire et, au cours de ce procès, nous avons l’intention de présenter le tableau complet de ces conséquences pour notre cliente, ses enfants et ce que cela signifie pour l’avenir. » (cf. Son père a « vendu 500 fois son sperme », il est obnubilé par le spectre d’un inceste)
Source de la synthèse de presse : Global news, Aaron D’Andrea (19/03/2026)