Canada : mise en garde contre la dépénalisation de l’euthanasie

Publié le 25 Sep, 2009

Alors que le débat sur l’euthanasie et le suicide assisté reprend à travers le pays, le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Monseigneur V. James Weisgerber, archevêque de Winnipeg, a publié une lettre invitant les membres du Parlement et le peuple canadien à réfléchir aux conséquences possibles du projet de loi C-384 qui propose d’accepter l’euthanasie dans un certain nombre de cas.

Monseigneur Weigerber rappelle qu’il est légitime de recourir aux médicaments et à d’autres moyens pour soulager la souffrance, même si cela a pour effet secondaire d’abréger la vie. En revanche, "ce qui n’est jamais acceptable, c’est de tuer de façon directe et intentionnelle les personnes déprimées, handicapées, malades, âgées ou mourantes". S’il admet que ceux qui veulent rouvrir le débat sont sans doute mus par la compassion, il précise qu’une "regrettable interprétation de la compassion les amène toutefois à proposer que l’on euthanasie les plus vulnérables plutôt que de leur assurer, jusqu’à leur mort naturelle, les soins appropriés, un contrôle efficace de la douleur, ainsi qu’un soutien social, affectif et spirituel".

De son côté, le docteur André Bourque, médecin, professeur agrégé du département de médecine familiale de l’Université de Montréal et chef du département de médecine générale du CHUM, s’est fait le porte-parole de l’inquiétude d’une centaine de médecins. "Une modification de nos lois pour satisfaire la demande d’un tout petit nombre d’individus dans la société mettra en péril la vie d’un beaucoup plus grand nombre qui n’était pas visé", affirme-t-il en rappelant que dans les pays où l’euthanasie est légale, les pratiques deviennent rapidement ingérables. Selon lui, peu de personnes sont concernées par une véritable demande d’euthanasie. "Ces personnes doivent être entendues et aidées à trouver un sens à la vie qui reste, plutôt que de trouver un raccourci vers la mort".

La légalisation de l’euthanasie aurait également des répercussions dans la relation "médecin-patient" : "pour donner un ‘droit à la mort’ au patient, on doit donner un ‘droit de tuer au médecin’" qui conduit à l’érosion de la confiance. Alors que les avancées de la thérapeutique et de l’organisation des soins de la médecine palliative des 30 dernières années ont été remarquables et sont prometteuses pour l’avenir, c’est le développement des soins palliatifs qui constitue la seule réponse humaine et médicale acceptable. "Faire mourir le patient n’est pas une solution humaine pour soulager les situations dramatiques de douleur ou de souffrance terminales : le médecin a toujours le devoir et le pouvoir de faire mourir la douleur, et non pas de faire mourir le patient"."Bien que le suicide soit parfois revendiqué comme une liberté, il demeure avant tout un drame personnel fondamentalement contraire à la nature humaine et un échec de la société", conclut le Dr Bourque.

Enlignetoi.com 23/09/09 – Cyberpresse.ca 21/09/09

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