Claire Thoury élue présidente du Cese, une institution « inutile » ?
Le 20 mai, Claire Thoury a été élue présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese) (cf. Convention citoyenne : la caution sociétale du projet de loi). Il s’agit de la première femme à diriger cette instance « chargée de représenter la société civile organisée ». Claire Thoury a défini l’objectif de sa mandature, jusqu’en 2031 : « résoudre les crises et préparer l’avenir, tout en se réformant ».
« Des tonnes de rapports que personne ne lit et qui ne débouchent sur à peu près rien de concret »
L’institution, « qui se présente volontiers comme la troisième assemblée de la République », est en effet décriée. « Censée éclairer la décision publique », « l’essentiel de ses travaux vient d’auto-saisines », pointe la journaliste Eugénie Bastié. Le Cese « produit des tonnes de rapports que personne ne lit et qui ne débouchent sur à peu près rien de concret », résume-t-elle. Et ce pour un budget qui s’élève à environ 34,4 millions d’euros.
La Cour des comptes a identifié de nombreuses « anomalies » dans son fonctionnement : un régime de temps de travail dérogatoire, un absentéisme « conséquent » des conseillers du Cese pourtant rémunérés entre 2500 et 2800 euros nets pour « quatre jours par mois en moyenne à siéger ».
« Si l’on veut vraiment renforcer la démocratie participative, faisons-le sérieusement »
Le Conseil est en outre « idéologiquement orienté ». La journaliste illustre son propos : une résolution publiée en mars dernier intitulée « Consolider et organiser la défense de nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre » cible notamment la Fondation Jérôme Lejeune qui « œuvre depuis des années pour aider les personnes trisomiques et leurs familles » comme « un acteur de la croisade anti-genre et masculiniste en France » (cf. CESE : une résolution contre les « stratégies anti-genre » qui redéfinit les frontières du débat démocratique). Eugénie Bastié conclut : « Qu’une institution aussi inutile que le Cese se permette de jeter l’opprobre sur une association aussi utile que la Fondation Lejeune suffit à prouver son inanité ».
« Si l’on veut vraiment renforcer la démocratie participative, faisons-le sérieusement, interpelle-t-elle : élargissons le référendum d’initiative populaire, développons de vrais mécanismes de démocratie directe, rendons la parole aux citoyens plutôt qu’à des assemblées parasites et fantômes sans légitimité électorale. » (cf. Fin de vie : une proposition de loi pour soumettre la question à référendum)
Sources de la synthèse de presse : Hospimedia, Inès Evrain (21/05/2026) ; Europe 1, Eugénie Bastié (20/05/2026)