Congrès sur l’AMP : présentation de nouvelles études

Publié le 8 Juil, 2011

Plusieurs études concernant l’assistance médicale à la procréation (AMP) ont été présentées lors du congrès de l’European Society of Human Reproduction and Embryology (ESHRE) à Stockholm le 4 juillet 2011.

Une recherche menée par l’équipe du Pr Alan Handyside, directeur du centre de gynécologie et de génétique du London Bridge Centre, montre qu’une stimulation ovarienne chez des femmes de plus de 35 ans traitées pour infertilité, tend à altérer le déroulement normal de la méiose des ovocytes, entrainant ainsi des anomalies du nombre de chromosomes. Ces anomalies induisent des échecs de la fécondation in vitro (FIV), des avortements spontanés et la naissance d’enfants atteints d’une anomalie chromosomique, telle que la trisomie 21. Les chercheurs ont analysé plus de 100 ovocytes possédant un nombre anormal de chromosomes. 

Si, lors de conceptions naturelles, les trisomies 21 chez les femmes les plus âgées sont dues à des erreurs durant la première division de la méiose, le manque de succès de la FIV chez les femmes plus âgées résulterait, selon le travail du Pr. Handyside, du traitement de stimulation. Son étude suggère que celui-ci pourrait être responsable d’anomalies, peut-être en amenant des ovocytes "que la nature aurait exclu" à se développer, observe Stuart Lavery, gynécologue consultant et directeur de la clinique de FIV du Hammersmith Hospital de Londres. Jusqu’à présent, on considérait que le succès mitigé des FIV chez les femmes de plus de 35 ans vient de ce que leurs ovocytes sont moins viables et plus susceptibles d’anomalies chromosomiques. Or, de nombreuses anomalies chromosomiques ne seraient pas celles qui sont classiquement liées à l’âge de la mère. Les chercheurs estiment pourtant que d’autres recherches seront nécessaires pour examiner de plus près les causes de ces anomalies selon les différents régimes de stimulation et pour trouver des stratégies susceptibles de réduire l’incidence des erreurs chromosomiques lors de FIV pratiquées sur des femmes plus âgées.

Des chercheurs suédois ont par ailleurs présenté une méthode consistant à transférer un nombre limité d’embryons lors d’un traitement d’AMP, de façon à réduire le risque de naissances multiples sans diminuer les chances d’obtention d’une grossesse. Après avoir analysé 3223 transferts d’embryons, les chercheurs ont élaboré un modèle mathématique à partir de 4 critères influant sur le succès d’une procédure d’AMP : âge de la mère, réactivité ovarienne (nombre d’ovocytes obtenus en fonction de la stimulation), qualité de l’embryon et tentatives antérieures de FIV avec des embryons frais ou congelés. Si le risque de jumeaux est trop élevé au vu de ces critères, les médecins transfèrent un seul embryon et congèlent les autres. Le Dr Jan Holte aurait ainsi divisé par 13 le nombre de naissances multiples dans sa clinique Carl Von Linne à Uppsala, sans affecter le taux de résultats. Selon lui, le deuxième embryon habituellement transféré augmente fortement le risque de grossesses gémellaires mais n’augmente que peu les chances de grossesse. 4 cliniques utilisent cette technique en Suède et 1 en Italie.

Le Quotidien du médecin.fr (Dr Béatrice Vuaille) 05/07/11 – The Guardian (Sarah Boseley) 04/07/11 – Romandie News 04/07/11 – 7sur7.be 04/07/11

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