De l'anonymat du don de gamètes

Publié le 19 février 2009
De l'anonymat du don de gamètes

Auditionnés hier, mercredi 18 février, par la mission sur la révision des lois de bioéthique, Jean-Luc Bresson, président de la fédération nationale des Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos), Jean-Marie Kunstmann, directeur du Cecos de Cochin, et Dominique Regnault, psychologue au Cecos de Reims, se sont prononcés contre la levée de l’anonymat relatif au don de gamètes.

D‘après Jean-Luc Bresson, pour qui "il n’y a pas d’argument scientifique établi qui conduise à lever l’anonymat", les enfants qui éprouvent des difficultés relatives à cette problématique "ne sont pas représentatifs de l’ensemble des enfants d’un don". Il estime par ailleurs que supprimer l’anonymat entraînerait une chute du nombre de donneurs et encouragerait les parents à cacher à l’enfant son mode de conception.

Dominique Regnault a insisté sur le fait que, selon elle, "l’anonymat permet à l’homme [en cas de don de sperme, NDLR] de trouver une place symbolique dans ce projet d’enfant", le donneur n’apparaissant plus comme une personne.

Jean-Marie Kunstmann estime lui que l’anonymat permet de "dépersonnaliser le produit biologique" : "les donneurs nous disent : "on veut bien donner une cellule mais on ne veut pas être investi d’aucune responsabilité". Ils n’ont pas de projet d’enfant".

La Croix (Marine Lamoureux) 19/02/09