Des millions de cellules humaines produites dans des embryons de souris

Publié le 14 mai 2020
Des millions de cellules humaines produites dans des embryons de souris

Une équipe de chercheurs de l’Université de Buffalo aux Etats-Unis a mis au point une méthode pour « accélérer considérablement la production de cellules humaines matures dans des embryons de souris ». L’étude a été publiée dans la revue Science Advances[1].

 

Les scientifiques « ont injecté 10 à 12 cellules souches humaines dans un blastocyste de souris alors qu’il était âgé de 3,5 jours ». « L’embryon de souris a ensuite généré des millions de cellules humaines matures, dont des globules rouges, des cellules oculaires et des cellules hépatiques, au fur et à mesure de son développement. » L’expérience a été arrêtée le 17e jour de développement des embryons. « C’est la première fois qu’on a généré autant de cellules humaines matures dans un embryon de souris », affirme Jian Feng, auteur de l’étude et professeur de physiologie et de biophysique à la Jacobs School of Medicine and Biomedical Sciences de l’Université de Buffalo. « Nous savons que jusqu’à quatre pour cent du nombre total de cellules de l’embryon de souris étaient des cellules humaines », précise-t-il. Et « c’est une estimation faible car nous ne pouvons pas quantifier la grande quantité de globules rouges humains générés dans l’embryon de souris », estime le chercheur. Auparavant, seules de « petites quantités de cellules immatures (….) difficiles à quantifier » avaient pu être générées.

 

En « inhib[ant] temporairement la kinase mTOR pendant trois heures », la méthode vise à faire revenir les cellules souches humaines « amorcées » à l’ « état naïf », « tout comme les cellules souches pluripotentes à l’intérieur d’un blastocyste de souris ». En effet, « lorsque les cellules humaines amorcées sont introduites dans le blastocyste de souris, elles ne se développent pas », explique Jiang Feng. Avec cette technique, les cellules souches humaines ont pu « se développer conjointement avec la masse cellulaire interne d’un blastocyste de souris ».

 

Selon Jian Feng, cette recherche « nous permet d’utiliser l’embryon de souris pour nous aider à mieux comprendre le développement humain ». Pour le chercheur, « un développement plus poussé de notre technologie pourrait permettre la génération de quantités encore plus importantes de types spécifiques de cellules humaines matures », et ainsi « créer des modèles souris plus efficaces ».

 

Pour aller plus loin :

Embryons chimères animal-homme : « Ces recherches posent la question de l’avenir de notre humanité »

 


[1] Z. Hu el al., « Transient inhibition of mTOR in human pluripotent stem cells enables robust formation of mouse-human chimeric embryos, » Science Advances (2020). advances.sciencemag.org/content/6/20/eaaz0298

Medical Xpress, University at Buffalo (13/05/2020)