Des spermatozoïdes « magnétisés » pour une « FIV in vivo » ?

Publié le 16 juin 2026
Des spermatozoïdes « magnétisés » pour une « FIV in vivo » ?
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Des chercheurs ont fabriqué des embryons à partir de « spermatozoïdes magnétisés », permettant un « guidage à distance » vers l’ovule, à travers les trompes de Fallope. Cette technique pourrait permettre de « réaliser la FIV in vivo », réduisant ainsi le nombre de procédures invasives et les transferts d’embryons.

« Notre objectif ultime est de réaliser la procréation médicalement assistée in vivo, en utilisant le corps comme incubateur naturel », explique le Dr Mariana Medina-Sánchez, de l’institut de nanosciences CIC nanoGUNE en Espagne. La scientifique met en avant « la convergence de la microrobotique, des nanobiocapteurs et de l’IA » pour « transformer les traitements de procréation médicalement assistée ».

Le recours aux nanoparticules

L’équipe dirigée par le Dr Medina-Sánchez a mis au point des « microcathéters magnétiques autopropulsés et orientables destinés à la médecine de précision ». « Le cathéter est fabriqué selon une méthode évolutive qui intègre des micro- ou nanoparticules magnétiques programmées pour réagir à des champs magnétiques externes, explique Zhi Chen, auteur principal de l’article publié dans la revue Advanced Materials[1] et chercheur au sein du groupe Nanobiosystems de nanoGUNE. Il permet des mouvements fluides et contrôlés, similaires aux ondulations d’un flagelle, facilitant ainsi la navigation à travers les canaux étroits et complexes du corps humain sans exercer de forces susceptibles d’endommager les tissus. »

En outre « les particules magnétiques agissent comme des agents de contraste, permettant de visualiser le cathéter par échographie pendant l’intervention ».

Des « défis techniques, biologiques et éthiques »

L’équipe a validé cette technologie sur des modèles animaux, et plusieurs matériaux biocompatibles ont déjà été approuvés pour un usage clinique, ouvrant ainsi la voie à de futurs essais cliniques.

Après son utilisation, le cathéter est « retiré complètement ». Cette approche évite que des matériaux ne restent dans le corps, sachant que « le comportement biologique à long terme de ces matériaux n’a pas encore été étudié ». Outre la « médecine reproductive », cette technologie pourrait être utilisée en radiologie interventionnelle. Un brevet a été déposé.

Selon les chercheurs, ces techniques pourraient déboucher à l’avenir sur « des processus de fécondation assistée entièrement automatisés » (cf. Eviter l’« erreur » humaine : un enfant conçu par FIV entièrement automatisée). Même s’ils soulignent les « défis techniques, biologiques et éthiques » que leur intégration dans la pratique clinique ne manquera pas de soulever.

[1] Zhi Chen, Boris Rivkin, David Castellanos-Robles, Ivan Soldatov, Lukas Beyer & Mariana Medina-Sánchez, Rapid Fabrication of Self-Propelled and Steerable Magnetic Microcatheters for Precision Medicine, Advanced Materials (2025) DOI: 10.1002/adma.202506591

Friedrich Striggow, Pallavi Jha, Ripla Arora & Mariana Medina-Sánchez, Navigating the future of assisted reproductive technology with micro-robotics, nanobiosensors and artificial intelligence, Nature Nanotechnology, DOI: 10.1038/s41565-025-02093-x

Sources de la synthèse de presse : New Scientist, Alice Klein (15/06/2026) ; nanoGune, CP (21/01/2026)