Dons d’organes : une légère hausse en 2025, mais des réticences accrues

Publié le 23 février 2026 . Mis à jour le 12 mars 2026 à 12:22.
Dons d’organes : une légère hausse en 2025, mais des réticences accrues
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Le nombre de transplantations pratiquées en France en 2025 est le plus élevé jamais enregistré, avec un total de 6.148 greffes réalisées en 2025. Un chiffre qui dépasse pour la première fois les 6.120 greffes réalisées en 2017. Parmi elles, on compte 3.867 greffes rénales, 1.431 greffes hépatiques et 421 greffes cardiaques (cf. Dons d’organes : les Etats-Unis et l’Espagne se disputent la première place).

Une légère hausse face à une demande toujours importante

Toutefois, la croissance s’est ralentie avec une hausse « limitée » à 1,5 % en 2025, ce qui représente 95 greffes supplémentaire en 2025 par rapport à 2024. Ces résultats se situent dans la fourchette basse des « objectifs » définis par le Plan ministériel 2022-2026 pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus (cf. Dons d’organes, PMA : l’ABM mise sur les territoires).

Toujours en 2025, 966 patients sont décédés alors qu’ils étaient inscrits sur la liste d’attente. Au 1er janvier 2026, 23 294 malades étaient en attente d’une greffe, dont 11 642 en liste active, c’est-à-dire prêts à recevoir une greffe immédiate. Les autres font l’objet d’une « inscription inactive », dans la grande majorité des cas (78%) pour cause de « bilan pré-greffe en cours ».

L’augmentation des « dons croisés »

En 2025, 603 greffes rénales avec donneurs vivants ont été réalisées, un « record », notamment suite à l’augmentation des greffes avec « dons croisés » : 8 greffes ont été réalisées avec cette méthode (cf. Greffe : Un décret précise les modalités du don croisé d’organes). Certains malades en effet arrivent à trouver un proche volontaire pour leur donner un rein ; cela dit, les deux personnes ne sont pas toujours compatibles. Dans ce cas, le proche d’un patient A peut donner un rein qui sera greffé sur un patient B, inconnu de lui, tandis que le patient A recevra le rein initialement destiné à B, ou bien d’un donneur qui était volontaire pour aider quelqu’un d’autre. Les patients « échangent » leur donneur par paire ou davantage. Ainsi en 2025 il y a eu deux doublets (deux paires de donneur/receveur) et un quadruplet (quatre paires de donneur/receveur).

Cependant, la part des greffes rénales avec donneur vivant « plafonne » à 15,6% du total des greffes rénales en 2025. Malgré une hausse de 7,7% en 2 ans, ce chiffre est encore loin de l’objectif du plan greffe qui est de 20%.

Les prélèvements Maastricht 3 en forte hausse

L’Agence de la biomédecine indique par ailleurs que l’« activité de prélèvement » sur donneurs de catégorie Maastricht 3 enregistre une « progression continue » en 2025 dans les 65 centres autorisés (cf. Don d’organes : une croissance de l’activité liée à la hausse des prélèvements « Maastricht III »).

En effet, 854 patients ont été recensés en 2025, soit 8 % de plus qu’en 2024. Et au total 321 patients ont été prélevés, soit 4,3 % de plus que l’année précédente.

Un accord de principe pour soi-même mais une opposition de la part des proches

En 2025, on a recensé 3.188 donneurs potentiels en état de mort encéphalique, soit une hausse de 0,6% par rapport à 2024. Parmi ces personnes, 1.590 ont fait l’objet d’un prélèvement (+3%) (cf. Des obsèques contre des organes ? Des chercheurs proposent des mesures pour augmenter l’offre).

L’année 2025 a aussi vu l’augmentation des réticences de la part des proches du défunt au moment du prélèvement. Le taux d’opposition est passé de 36,4 % en 2024 à 37,1 % en 2025.

Or 74 % des Français se déclarent favorables au don de leurs organes après leur mort, un chiffre globalement stable depuis 10 ans mais seulement 49 % des Français ont communiqué leurs volontés à leurs proches. Les personnes qui ne savent pas ce que souhaitaient leur proche sont plus susceptibles d’être opposées au don.

Pour l’Agence de la biomédecine, « la poursuite de la progression repose donc sur deux leviers indissociables : augmenter le recensement des donneurs potentiels et faire reculer l’opposition ».

Sources de la synthèse de presse : Ministère de la Santé (19/02/2026) ; ABM (19/02/2026) ; Sud Ouest, (19/02/2026) ; Le Figaro, Quentin Benoist (20/02/2026) ; Le Figaro, Soline Roy (13/02/2026)