Enquête de Santé publique France sur l’utilisation de contraceptifs : la pilule perd la première place

Publié le 9 juin 2026
Enquête de Santé publique France sur l’utilisation de contraceptifs : la pilule perd la première place
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Une diminution du recours à la pilule contraceptive au profit du dispositif intra-utérin (DIU) et des méthodes naturelles : c’est ce que révèle une étude de Santé publique France publiée le 26 mai dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. On y découvre les résultats de l’enquête « Contexte des sexualités en France » lancée en 2023, qui porte sur un échantillon de 4.420 femmes âgées de 18 à 49 ans[1] (cf. Les Françaises délaissent la pilule contraceptive, et se tournent vers le stérilet).

Un recul notable de la pilule

Parmi les femmes sous contraception, 64,4% ont recours à une « méthode médicalisée » requérant l’intervention d’un professionnel de santé. Les pratiques concernant la contraception ont fortement évolué depuis le début des années 2000. En effet, le dispositif intra-utérin est à présent la méthode contraceptive médicalisée la plus utilisée (par 27,9% des femmes prenant une contraception), devançant la pilule (26,6%). En 2000, les femmes prenant une contraception étaient 56% à recourir à la pilule. Viennent ensuite la stérilisation (5,2%) et l’implant (4,3%), puis de façon marginale, le patch ou l’anneau (0,4%) (cf. Implants Essure : les victimes ne désarment pas).

Concernant cette fois les méthodes non-médicalisées, 18,2% des femmes interrogées utilisent le préservatif et 7,2% des méthodes naturelles. Enfin, 8,3% des femmes interrogées déclarent ne pas utiliser de contraception.

La pilule perçue comme facteur de risque après la polémique de 2012

D’après les résultats de l’étude, la désaffection envers les contraceptifs œstroprogestatifs s’est accrue en 2012 après la médiatisation des risques thrombo-emboliques des pilules de troisième et quatrième génération (cf. Pilule de troisième génération : l’Agence européenne du médicament se prononce).

Ce scandale sanitaire a donné lieu à la fin de leur remboursement dès mars 2013. Près d’une femme sur cinq déclarait en 2014 avoir alors changé de méthode contraceptive. Non seulement la part des pilules de troisième et quatrième génération parmi les pilules utilisées est passée de 40% en 2010 à 25% en 2013, mais on a aussi constaté une désaffection vis-à-vis de la méthode elle-même, les transferts vers des pilules de deuxième génération ayant été de très faible ampleur[2].

Une désaffection visant plus largement la contraception hormonale

De 2012 à 2022, la part des contraceptifs combinant œstrogène et progestatif est passée de 54% à 35%, tandis que le recours au DIU et aux méthodes progestatives a doublé, atteignant respectivement 21% et 19% (cf. Pilule Yasmin : Bayer accepte de verser 9 millions de dollars aux victimes).

Les méthodes de contraception hormonale suscitent dans leur ensemble un rejet croissant lié à leurs nombreux effets secondaires indésirables (cf. La contraception hormonale favorise le risque d’AVC chez les femmes ? ; Contraception : une réaction plus négative au stress). L’étude a également mis en lumière, en particulier chez les femmes les plus diplômées, la recherche de méthodes plus respectueuses du corps, sans perturbateurs endocriniens, et plus respectueuses de l’environnement (cf. Contraception : le retour de la fertilité peut se faire attendre).

[1] Caroline Moreau, Aline Bohet et Nathalie Bajos, Les enjeux de la désaffection pour la contraception médicale en France (2026)

[2] Nathalie Bajos, Mylène Rouzaud-Cornabas, Henri Panjo et al., 2014, La crise de la pilule en France : vers un nouveau modèle contraceptif ?, Population et Sociétés: 1-4.

Sources de la synthèse de presse : Univadis, Laurence Salmon (29/05/2026) ; Ouest-France, Rebecca Arondel (29/05/2026)